J'ai eu l'opportunité de rencontrer, via mon ancienne activité, un couple "hors normes": mari violent, alcoolique, blasphémateur, adultère...et son épouse frustrée, renfermée, refusant tout de tous! Logique me direz-vous!

Puis la maladie, le voilà cloué sur son lit par suite d'un AVC particulièrement invalidant: s'il avait conservé l'usage d'un  bras et la parole, tout le reste de son corps était paralysé, l'immobilisant définitivement dans son lit ou son fauteuil.

La rage de son lourd, très lourd handicap, couplée à son incapacité de se mouvoir, avait décuplé sa hargne vis à vis du monde en général et de sa femme en particulier.

La situation aurait pu en rester là si un beau jour de printemps, l'envie de faire du vélo ne m'avait emmené, sans idée préconçue, dans le village ou demeurait une personne que nous appelerons René.

Le circuit passant devant sa maison, n'ayant aucune envie de m'y arrêter, je continuais mon chemin, accélérant même pour achever ma boucle.

C'était sans compter sur le Saint Esprit: une voix que je connaissais bien me demande de faire demi-tour et de frapper à la porte de René. Impossible d'ignorer cette demande, j'ai beau essayer de l'oublier, cette voix résonne en boucle : "retourne et va voir René."

De mauvaise grâce je m'exécute, fais demi tour, descend de vélo et frappe à sa porte : rien, j'insiste, rien. Je me sens soulagé et de me dire " tu entends des voix".

Je m'apprétais à partir quand il m'a semblé entendre une voix, bien faible mais une voix quand même : pas de doute, il y avait bien quelqu'un à l'intérieur.

Je pousse la porte et là j'entends un gémissement venant d'une pièce située à l'opposé de la porte d'entrée. Je m'y dirige et là je vois René couché par terre, sur le carrelage froid de la chambre, immobilisé, grelottant, espérant du secours qui ne venait pas et puis...

Je l'ai relevé, remis dans son lit et nous avons parlé...du Seigneur qui connaît et répond à celui qui, du fond de son trou, crie à lui. J'avais été guidé par Jésus pour aller dans ce village. 

Par la suite avec René nous avons parlé de Dieu, de l'espérance que représente Jésus et fini par parler de l'importance du pardon. Une relation amicale s'est établie entre nous et le Seigneur figurait souvent au centre de nos échanges.

Je ne me rappelle pas les circonstances de l'hospitalisation de René mais toujours est-il qu'une fois, lui ayant rendu visite dans sa chambre d'hôpital, il m'a demandé de revenir avec son épouse parce qu'il voulait lui demander pardon.

Ce ne fut pas facile de venir avec elle mais elle le fit et là, dans cette chambre qu'il partageait avec une autre personne, lui le violent, méchant, ne craignant ni Dieu ni maître, a regardé son épouse droit dans les yeux et, avec une voix que je ne lui connaissais pas, douce et apaisée, sans un regard pour son voisin d'infortune, lui a demandé pardon pour toute cette vie gâchée, énumérant un à un tous ses vices, manquements, etc...

Au fur et à mesure qu'il évacuait sa misère, son visage s'éclairait, des larmes coulaient : il découvrait la vraie liberté, il expérimentait la puissance du pardon.

Par la suite il accepté Christ dans sa vie, dévorant sa Parole, la Bible et, au final de son périple terrestre, s'en est allé dans la 5° saison rejoindre son Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

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