Imprimer

Affecté dans une Brigade de Contrôle et Recherches j'avais pour fonction, entre autres, d'assurer l'intérim en l'absence du chef de brigade. Durant l'été 1992 je fus amené à rencontrer un aviseur - indic - qui me dévoila un vaste trafic dans le domaine des crustacés et produits de la pêche. Après l'avoir entendu, recoupé ses dires, j'en arrivais à la conclusion que ces fraudes étaient bien fondées.

Un plan d'intervention fût dressé et couché sur le papier. Y figuraient le nom des intervenants ainsi que celui de l'aviseur - occupant de hautes fonctions dans la profession -, le schémas de la fraude, les points et la date d'intervention. Cela représentait, de mémoire, 3 feuillets de format A4 (peut-être deux mais j'en doute). Avec un collègue nous avions fixé une date et une heure de début de repérage, l'intervention devant avoir lieu quelques jours plus tard. Le jour fixé - 13 ou 14 août - nous étions sur zone vers 03h du matin en surveillance.

Ce jour là soufflait un vent très violent soulevant le sable de la plage. Dans la matinée, vers 08h, nous sommes allés dans une boulangerie acheter quelques viennoiseries - petit-déjeuner - et prendre un café.  Il y avait à disposition des plans gratuits de la ville de Quiberon. Nous en avons pris un sur lequel nous avons matérialisé le parcours prévu pour notre intervention à venir. A l'heure du déjeuner je me rappelle très bien déposer tous ces documents ultra confidentiels, pliés en 4 car glissés précédemment dans nos poches, dans la valise/porte document se trouvant dans mon véhicule garé sur le parking de Port-Maria noir de monde. En effet, vu le vent violent, les vacanciers avaient déserté la plage pour la ville, le port etc. Je me rappelle très bien que mon collègue, athée, m'avait branché sur ma Foi car admiratif de ma sérénité après le départ de Patrice vers la 5° saison !. Ce fut en fait un repas témoignage !

De retour à la brigade, voulant mettre en lieu sûr les documents, je pris ma valise et, stupeur, elle ne contenait aucun document. Nous avons fouillé le véhicule de fond en comble: rien ! Tout avait disparu. Dans ces moments là tout se bouscule: si ces documents venaient à tomber en de mauvaises mains tout était possible → publication dans la presse ou chantage ou mise en danger de la vie de l'aviseur ou, pour le moins, sa réputation ternie car devenu, aux yeux de l'opinion, un délateur zélé, voir un collabo !  Et pour moi la fin d'une carrière, une mutation probable et pas forcément dans le Sud Ouest !!!                                          

Je me rappelle avoir dit à mon collègue " Si Dieu existe, à Lui de le prouver" Je ne croyais pas si bien dire. J'ai pris la décision de retourner sur Quiberon - il était aux environs de 18h - Bien entendu nous avons eu droits aux bouchons si bien que le trajet paraissait interminable. Je priais intérieurement demandant au Seigneur ce miracle de garder ces documents. Arrivés à hauteur de St Pierre Quiberon, une voix - celle du Saint Esprit - m'a indiqué très clairement tourne à droite, va chez ton frère, demande lui d'appeler ton épouse et, tous deux, combattez en ordonnant à l'ennemi de restituer ce qu'il t'a volé. Cela peut paraître fou mais c'est la vérité. Mon voisin, converti, avait un studio dans une résidence à St Pierre, je ne savais pas s'il y était où non mais j'ai obéi. Il y était. Je lui ai fais part des paroles du Saint Esprit, sans plus de détails et suis reparti.

Quiberon, toujours ce vent, cette foule, un peu moins compacte et l'angoisse qui te tient aux tripes en pensant aux conséquences à venir, aux risques encourus pour les intervenants à commencer par l'aviseur dont le nom serai donné en pâture à la presse, ma carrière - révocation? blâme à coup sûr, mutation-sanction?- Le tableau noir ébène des très mauvais jours ! Haut du parking de la place Hoche, nous refaisons le trajet, dans le caniveau un plan de Quiberon chiffonné, je reconnais mon écriture, c'est le choc. Il figurait avec les 3 autres feuillets qui, très sensibles, ont disparu. Le coeur vacille: quelqu'un a trouvé les documents, jeté le plan sans grande importance et gardé précieusement - dans quelle intention ? - les 3 pages. C'en est fini, Satan a gagné, je mesure la catastrophe, il ne me reste plus qu'à aller voir mon Directeur et puis advienne ce qui doit arriver. Le plus grave, c'est pour l'aviseur, sera-t-il obligé de s'exiler? sa vie est-elle en danger?

Une voix à la fois douce et directive va sur le port, là où tu avais garé ton véhicule.  Comme dans un rêve, sans trop y croire, j'obéis. Le vent semble s'être calmé, il y a aussi moins de monde et là, au beau milieu du parking, trônant majestueux mes trois feuillets!  Un véhicule était passé dessus, les collant en quelque sorte sur le goudron et évitant une prise au vent

La Foi avait accompli des miracles. Je me rappelle avoir très peu dormi cette nuit là en comprenant combien notre Dieu est puissant, combien quand on est sensible à la voix du Saint Esprit on peut accomplir de miracles ! Oui notre Dieu est fort, au-delà de ce que l'on peut croire ou mesurer, il suffit simplement de Lui faire confiance !!!