Octobre 2008. Il est 8h, la journée s'annonce comme les précédentes... Ni mieux, ni pire. Alexandre est parti à l'école avec son père, William est parti au collège en bus et Sébastien, alors apprenti boulanger au CFA de Vannes, est dans son car. Je m'apprête à prendre la route avec mon camion-boutique... Mais la vie va en décider autrement.

 

Je n'ai pas eu le temps d'aller jusqu'à mon camion. Sébastien est de retour. Il a loupé son car. Qu'à cela ne tienne... Je dis à Sébastien : « Met tes affaires dans le coffre de la voiture, je t'emmène ! »

 

Et nous voilà parti. Sorti d'Hennebont, nous prenons la voie express, direction Vannes. Je n'ai pas le temps de traîner et il y a déjà pas mal de monde sur la route ! Je ne suis pas contente non plus vis à vis de Sébastien, de son manque de responsabilité vis à vis de son apprentissage...

 

On discute de tout ça, et l'idée me prend d'appeler ma « chef », Isabelle, pour la prévenir que je ne serai pas à l'heure sur ma tournée. Mon sac est posé aux pieds de Sébastien. Le temps que je me penche pour prendre mon portable et que je me relève, je me rend compte que nous allons vers le fossé... Un petit coup de volant, pour remettre la voiture correctement sur la route.... Mais j'ai du y aller un peu trop fort, nous allons maintenant droit sur la rambarde de sécurité. A nouveau un coup de volant, dans l'autre sens..... Mais là.... Surprise.... La voiture se retourne. En une demi seconde, nous nous retrouvons les quatre roues en l'air à parcourir un trajet sur le bitume, puis sur l'herbe, dans les ronces, et finalement s'arrêter juste devant un arbre.

 

Je me dis que c'est un cauchemar, que je vais me réveiller... Mais non, la radio se met à chanter, Sébastien se détache, et essaie d'ouvrir la portière pour sortir... Et moi, je craque. Je me met à pleurer, à crier. J'ai mal à la cheville. Cela fait quelque temps que Sébastien se moque un peu de tout et de tout le monde, et là... C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

 

Une voiture s'est arrêtée. Une femme nous dit qu'elle a appelé les pompiers. Elle nous demande si tout va bien, elle essaie de nous rassurer. Elle ne peut pas venir jusqu'à nous, nous sommes de l'autre côté du fossé.

 

Les pompiers sont arrivés. Puis une ambulance. Sébastien est parti avec l'ambulance. J'ai froid. Je ne peux pas poser le pied gauche par terre, je ne le sens plus. J'ai mal. C'est portée par deux pompiers que je repasserais de l'autre côté du fossé. Dans leur ambulance, ils tentent d'enlever ma chaussure. J'ai l'impression qu'ils m'arrachent le pied ! Une piqûre pour me décontracter et soulager cette douleur, puis direction les urgences de Bodélio, à Lorient.

 

Pendant le trajet, les pompiers me demandent comment s'est produit l'accident. Je leur explique. Ils me conseillent de ne pas dire à la gendarmerie que je cherchais mon portable, mais plutôt un mouchoir par exemple, afin de m'éviter une amende ! Je suivrai leur conseil... Et je n'aurai aucune amende, aucun point en moins sur mon permis, rien. Ils estimeront que, comme je n'ai entraîné personne d'autre que moi dans cet accident, le traumatisme subit sera suffisant en guise de leçon.

 

Les conséquances de cet accident ont été, pour Sébastien, une simple entorse du genou ; et pour moi, une fracture d'un os de la cheville.

 

Quand je repense à tout cela aujourd'hui, je suis certaine qu'Il était auprès de nous ce jour là.

 

La voiture a cessé sa course folle au pied de l'arbre, Sébastien et moi-même n'avons été que légèrement blessés, et personne d'autre que nous n'étions impliqués dans cet accident.

 

Merci Seigneur pour ta bienveillance, ta bonté, ta charité et ton amour inifini.

 

 

 

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