Il y a des actions dans notre quotidien où Les chocs peuvent être violents : on voit régulièrement des rugbymens sortir sur une civière suite à une percussion avec un adversaire ; la commotion a entraîné une perte de conscience dont les conséquences peuvent être graves.
Alors maintenant, de plus en plus, on les sort du terrain pour les examiner ; sinon, ils continueraient à jouer !
Nous connaissons tous des «pertes de conscience», mais là, c’est surtout sur le plan moral.
La conscience touche le domaine moral. Pour parler de la conscience, l’Ancien Testament emploie le mot «cœur» ; cette conscience est ce qui permet à l’homme de juger du bien et du mal.
Mais la Bible nous montre que cette capacité a été perturbée profondément dès que l’être humain a voulu décider de lui-même ce qui était bien et ce qui ne l’était pas, sans se soumettre à ce que Dieu avait décidé.

Genèse 2-16,17
«L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.»

Mais Adam et Eve ont laissé de côté cette conscience de la volonté de Dieu pour acquérir une connaissance indépendante de celle de Dieu mais qui les a plongés dans une perte de connaissance, spirituelle et morale.
Depuis, le résultat est que sa conscience est perturbée : il appelle bien le mal, et mal le bien ; en particulier quand il a des pertes de conscience.
Notre société s’enfonce de plus en plus dans la légalisation du péché ; mais en tant qu’individu, nous ne sommes pas exempts de ce risque ; même en tant que chrétiens.
C’est sur ce domaine que nous allons nous arrêter.
Jésus, pour parler de la conscience, parle de l’œil intérieur :

Matthieu 6-22,23
«L'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!».

Cette conscience est comme un témoin lumineux qui indique le caractère juste ou injuste de nos motivations ou de nos actions.
La conscience excuse ou accuse, elle produit un sentiment de douleur ou de bien-être.
C’est un peu comme la lampe qui clignote pour indiquer que le portail électrique s’ouvre ou se ferme. Le problème, c’est quand on passe outre le feu du passage à niveau et qu’on traverse malgré tout.
Les conséquences sont-elles toujours aussi graves pour nous que pour certains accidents dramatiques ?
Heureusement non, mais malheureusement cela endort notre conscience et nous fait récidiver.
Nous allons nous arrêter sur une partie de la vie de David qui a perdu conscience à un moment donné ; les conséquences lourdes se sont enchaînées, bien au-delà de ce que celui qui vivait avec Dieu pouvait imaginer.
1) Les conséquences de la perte de conscience chez David :
Les circonstances peuvent sembler banales : regarder une femme qui se baigne... Aujourd’hui, le principe qui prédomine est : quel mal y a-t-il à se faire du bien... ?
Mais c’est oublier quelles peuvent être les conséquences quand on laisse de côté la lampe intérieure que Dieu nous a donné.
La lampe de la conscience clignote chez David mais il n’en tient pas compte ! Son désir sexuel l’aveugle. Et il va chercher cette femme et couche avec elle.
Il manifeste à plusieurs niveaux une perte de conscience :
Par rapport à lui-même :
– Il met de côté ses convictions morales et se laisse emporter par son désir égoïste.
Plus rien ne compte que cela ; sa conscience pour lui-même est dominée par cette nature de péché qui l’aveugle.
Il est incapable alors de considérer les choses au-delà de la situation présente. L’égoïsme détruit la conscience de soi en premier lieu.
– David, pour essayer de s’en sortir, va se sentir «obligé» de basculer dans le mensonge, lui qui est si souvent droit et intègre.
Pour éliminer le nouveau problème – le mari, Urie –
Il va monter tout un stratagème pour qu’il aille coucher avec sa femme (qui était enceinte à la suite de sa relation avec elle ; 2 Samuel 11-6 à 25.
C’est sur ce point que Samuel, qui écrit cette histoire, s’étend le plus ; il montre comment on peut mettre son intelligence au service de sa perversité.
La perte de conscience morale conduit à la ruse, à la duplicité pour essayer de couvrir son égarement ; qui va aller en s’amplifiant.
A l’opposé, Urie est présenté comme ayant une grandeur d’âme remarquable : arrivé en permission royale, il refuse d’être avec sa femme, alors que les autres soldats sont, eux, sur le front, sous des tentes. 2 Samuel 11-11à13.
Cela fait penser à ce que l’apôtre Paul écrit à propos des juifs et des païens

Romains 2-13 à 16
«Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.
Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes;
Ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour.
C'est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus Christ les actions secrètes des hommes.»

Ceux qui connaissent la volonté de Dieu (la Loi) ne la mettent pas en pratique, tant que ceux qui l’ignorent la vivent, parce que leur vie est en cohérence avec leur conscience morale (donnée par Dieu à tout être humain).
Le problème chez ceux qui connaissent la Loi de Dieu est une perte de conscience. Ceux-là seront jugés plus durement par Dieu.

Romains 2-8
«A ceux qui, par ambition personnelle, repoussent la vérité et cèdent à l’injustice, Dieu réserve sa colère et sa fureur».

Ces paroles, ainsi que l’attitude de David doivent nous interpeller.
C’est par rapport aux autres que les conséquences de sa perte de conscience vont être terribles :
– D’abord, par rapport à cette femme qui est contrainte de se soumettre au roi : elle devient son objet.
De plus, elle tombe enceinte; tout s’effondre pour elle. Mais David ne semble absolument pas avoir été sensible à tout cela ; en raison de sa perte de conscience.
– David avait appris qu’elle était la femme d’Urie, un de ses officiers. Il met sa conscience morale sous l’oreiller et vole à Urie sa femme.
Dieu le lui reprochera :

2 Samuel 12-9
«Tu as pris sa femme pour en faire la tienne».

Sa perte de conscience lui fait éliminer la pensée que c’est un péché.
C’est Salomon – le fils qui naîtra de cette union entre Bath-Chéba et David... – qui écrira, en parlant d’une autre situation :

Proverbes 28-24
«Celui qui dépouille son père et sa mère et qui prétend que ce n’est pas un péché est le compagnon de celui qui détruit».

Prendre la femme d’un autre n’est plus considéré comme un péché quand on perd conscience et qu’on est aveuglé par son désir de possession.
L’engrenage du péché de David va l’amener à éliminer celui qui est gênant : il commet un meurtre.
Urie est mort à cause de la perte de conscience de David. La cause vient non de Dieu mais d’un homme.
– Mais c’est aussi envers son peuple, en tant que roi, que David ne perçoit pas les conséquences.
Il a perdu sa conscience professionnelle. Un responsable (politique, religieux) doit-être un modèle ?
Aujourd’hui, cela n’est, souvent, plus respecté.
Un père, une mère doivent-ils être des modèles sur le plan moral pour leurs enfants ? Bien sûr que oui.
Mais lorsqu’on perd conscience, cela est mis de côté. On devient inconscient, insensible.
D’une manière générale, notre conscience morale vis-à-vis des autres peut défaillir ; dans notre société individualiste, le chrétien perd de vue facilement la notion du corps de Christ, l’Église.
On est assis les uns à côté des autres, sans chercher à vivre une réelle communion ; et même, pourquoi venir au culte ou aux autres réunions... ?
Mon absence apporte la preuve de la perte de conscience vis-à-vis des autres.
Le reproche que le Seigneur fait à certains de l’Église de Corinthe est qu’ils ne se préoccupent pas des autres : ils mangent et boivent sans avoir la conscience que d’autres, à côté d’eux, n’ont rien à manger

1 Corinthiens 11-20 à 22
«Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est pas pour manger le repas du Seigneur ;
Car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre.
N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire ? Ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n'ont rien ? Que vous dirai-je ? Vous louerai-je ? En cela je ne vous loue point».

Et Dieu exerce contre ceux qui ont perdu cette conscience un jugement par le biais de maladies, et même la mort (v30).
-Dernier lésé en cette affaire par David : Dieu.

2 Samuel 12-10
«Maintenant, dit Dieu, la violence ne quittera plus jamais ta famille parce que tu m’as méprisé».

Nous privilégions les torts causés à Bath-Chéba, à Urie et nous négligeons facilement les torts envers Dieu, parce que nous avons peu conscience de la sainteté et de la souveraineté de Dieu.
Perdre conscience rend aveugle et fait perdre tout repaire moral : par rapport aux engagements et résolutions qu’on a pris dans le passé, par rapport aux conséquences futures, dans nos relations avec les autres et avec Dieu.
2) La solution : il y en a une ! Pourtant, c’était loin d’être gagné...
David semble, malgré tout cela, avoir bonne conscience : Quand Dieu envoie Nathan pour dévoiler toute cette sombre histoire, David est droit dans ses bottes.
Il ne perçoit même pas que c’est de lui dont parle le prophète par le biais de cette parabole du riche qui vole la seule brebis du pauvre.
La conscience du péché est perdue, elle aussi (une de plus...).
Mais là où tout s’éclaire pour David, c’est quand le péché est appelé péché et que tout est révélé :

«Cet homme-là, c’est toi !»
1 Samuel 12-7.

Cela devrait nous pousser alors à avoir confiance dans l’intervention de Dieu.
Nous n’avons absolument pas envie d’être des Nathan et de dénoncer le péché, ou d’accepter de voir devant nous un Nathan qui vienne ouvrir nos yeux.
Et pourtant, la révélation de l’état de péché chez David est passée par cette démarche du prophète. C’est alors qu’il a pris conscience de ce qu’il cachait (même à lui-même).
La suite parle d’une démarche personnelle qu’il devait entreprendre : il a compris qu’il devait décharger sa conscience devant Dieu, c’est-à-dire lui avouer ce qu’il avait fait, reconnaître ce qu’il était.
S’il demande pardon à Dieu tout de suite quand Nathan vient le rencontrer

2 Samuel 12-13
«David dit à Nathan : J'ai péché contre l'Éternel! Et Nathan dit à David : L'Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point».

L’expérience qu’il raconte dans le

Psaume 32 - 3,4
«Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, Je gémissais toute la journée ;
Car nuit et jour ta main s'appesantissait sur moi, Ma vigueur n'était plus que sécheresse, comme celle de l'été».

Montre que cela a été une lutte intérieure terrible. La démarche de demander pardon à Dieu lui a permis d’avoir la conscience libérée.
Cette libération intérieure n’est l’œuvre que de Dieu ; David sait qu’il ne peut pas la connaître par lui-même et c’est seule la confiance en Dieu qui va la permettre :

Psaume 51-12
«O Dieu, crée en moi un cœur (une conscience) pur ! Renouvelle en moi un esprit bien disposé !».

En parlant de la purification, l’auteur de l’épître aux Hébreux affirme :

Hébreux 9-9
«Les offrandes et les sacrifices qu’on présente à Dieu sont incapables de donner une conscience parfaitement nette».

Les efforts humains, les œuvres ne lavent pas une conscience salie par le péché ; nous ne pouvons compenser nos égarements en faisant le bien.
Mais il continue en disant :

Hébreux 9-13,14
«Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair,
Combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant!»

Quel privilège ! Nous pouvons connaître une conscience pure en nous abandonnant à Jésus-Christ !
Nous pouvons le prendre comme notre directeur de conscience en sachant que son désir est de nous aider à vivre selon sa pensée et non selon notre propre conscience.
Et cela pour notre épanouissement profond.
Amen.