Psaume 87.
« Elle est fondée sur les montagnes saintes.
L'Eternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob.
Des choses glorieuses ont été dites sur toi, Ville de Dieu ! Je proclame l'Egypte et Babylone parmi ceux qui me connaissent; Voici, le pays des Philistins, Tyr, avec l'Ethiopie: C'est dans Sion qu'ils sont nés.
Et de Sion il est dit : tous y sont nés, et c'est le Très-Haut qui l'affermit.
L'Eternel compte en inscrivant les peuples : c'est là qu'ils sont nés.
Et ceux qui chantent et ceux qui dansent s'écrient : toutes mes sources sont en toi. »

A première lecture, ce psaume très court semble déroutant d’un point de vue narratif, humain, terrestre !
Toutes les nations seraient issues de Sion, toutes connaitraient le Dieu d’Israël et l’Eternel lui-même, tel un secrétaire de mairie, déclarerait que tous sont des citoyens de sa ville sainte.
Comme toujours, c’est une lecture spirituelle qui doit nous amener à cheminer dans la pensée de Dieu.
Dans la Bible, Sion désigne à la fois des lieux géographiques et tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu.
Dans le langage figuratif, Sion peut désigner à la fois tout lieu qui bénéficie de la présence divine et le peuple de Dieu lui-même.

L’unicité de la nature humaine.
En déclarant que nous sommes tous de Sion, Dieu nous arrache à l’anonymat ambiant pour nous donner une origine commune, une marque d’appartenance, un signe de reconnaissance fort : nous sommes tous « natifs de la même ville, de la même cité » celle de Dieu.
Et cela bat en brèche les thèses des pseudos scientifiques et démagogues de tout poil qui élèvent la race comme seul critère d’appartenance !
Si nous avons tous la même origine et par là le même Dieu et Père qui fait tout en tous, comment justifier l’idée d’une origine distincte dont par ailleurs aucun « savant » n’en a défini la trace si ce n’est par des allégations fallacieuses sans fondement clairement établi.
Et le Seigneur appuie, martèle cette affirmation en déclarant que même le pays des Philistins, Tyr, avec l'Ethiopie : c'est dans Sion qu'ils sont nés.
Ne proclame-t-il pas que l'Egypte et Babylone sont parmi ceux qui le connaissent ?
Et ces nations ont toujours symbolisé l’opposition à Israël, mais, quelles le veuillent ou non, c’est un combat fratricide qu’elles mènent, non seulement contre leurs frères mais aussi contre leur Père puisque L'Eternel compte en inscrivant les peuples : C'est là qu'ils sont nés.

Unicité de la langue
Bien évidemment la terre regorge de milliers de langues et dialectes rendant la communication entre humains impossible à défaut d’une langue commune.
On dénombre environ 7 000 langues dans le monde auxquelles s'ajoutent des milliers de dialectes.
Mais si tous les hommes sont de la même cité, du même pays, ils ont un point commun : ils se comprennent tous parce qu’ils doivent parler la même langue !
Et dans la cité de Dieu cette langue c’est l’amour. Christ lui-même n’a-t-il pas dit

« A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres ». Jean 13 – 35.

Et c’est précisément cet amour qui nous ramène à notre origine – et non nos origines – à savoir la cité du Père.
Si nous parlons le langage de l’amour, nous nous revendiquons de la même cité et du même Père qui a crée le ciel et la terre.

Unicité de culte rendu à Dieu
Si tous les hommes ont une origine commune, sont tous issus de la même cité, ont tous le même Père qui opère tout en tous, s’ils parlent la même langue – l’amour – et œuvrent ensembles pour le même but, à savoir faire vivre et faire prospérer le royaume de Dieu, cela implique qu’ils ont tous la même espérance, la même foi, les mêmes certitudes quant au royaume à venir et au culte à rendre à l’Eternel.
Le mot culte vient du latin « cultus », dérivé du verbe « colere », qui veut dire au sens propre « cultiver » et par extension « rendre un culte ».
Rendre un culte, c'est donc « cultiver » une relation avec Dieu et vouloir la faire « fructifier » pour le plus grand bénéfice moral et matériel de l'individu ou de la communauté qui le pratique.
Compte tenu de cette unité originelle expliquée précédemment, il ne saurait y avoir plusieurs cultes rendus mais un seul rendu au même Dieu et Père.
Et l’on comprend mieux ce que Paul a voulu dire en déclarant dans

1 Corinthiens 3 – 3 à 9 :
« En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? Quand l'un dit : Moi, je suis de Paul! et un autre : Moi, d'Apollos ! N’êtes-vous pas des hommes?
Qu'est-ce donc qu'Apollos, et qu'est-ce que Paul? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l'a donné à chacun. J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. »

Bien sur il peut y avoir des différences dans la forme quant à la pratique du culte selon les sensibilités de chacun mais le fond doit rester identique pour tous : il y a un seul Dieu et Père, un seul Sauveur – Jésus Christ-, un seul Esprit – le Saint Esprit -, une seule foi, un seul baptême car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.

Diversité dans la complémentarité
Etre de la même ville ne signifie pas être de la même rue, du même immeuble, du même quartier.
Si nous prenons la cité au sens grec du terme, il ne s’agit pas simplement d’une ville mais bien d’un territoire qui permet de nourrir ses habitants.
Les liens entre la ville et la campagne sont étroits : d'abord parce que certains habitent la ville et travaillent à la campagne, que les paysans viennent à la ville pour commercer, régler leurs affaires, participer à la vie économique, politique et religieuse, enfin parce que la campagne est généralement très proche de la ville (moins de vingt kilomètres).
Bien que parlant la même langue, bien qu’appartenant à la même cité, tous ne font pas les mêmes choses, tous ne vivent pas les mêmes évènements mais tous œuvrent pour le même but : faire vivre et prospérer la cité.
Spirituellement c’est la même façon de vivre, d’agir et d’œuvrer pour le même résultat : faire vivre et prospérer le royaume de Dieu.
De même que dans la cité antique et actuelle certaines différences existent entre citadins et ruraux, entre paysans et commerçants, entre lettrés et habitants de condition modeste, de même des différences se font tout naturellement sentir dans le peuple de Dieu : certains ont une approche plus libérale pendant que d’autres privilégient un recueillement plus marqué, certains sont plus volontaires à l’exemple de Paul pendant que d’autres sont plus attentif, plus tempérés à l’image de Jean.
Mais tous ont en commun, malgré leurs différences, le même langage – celui de l’amour – et la même appartenance à savoir être tous enfants du même Dieu et Père.
Je ne sais si vous l’avez noté, mais j’ai parlé de différences et non de divergences !
Selon une définition communément admise, une divergence est un conflit sévère qui entraîne une rupture d’échanges ou de liens chez les deux parties concernées pour une raison légitime ou infondée.

Prépondérance clanique par rapport à l’appartenance citoyenne
Nous le voyons tous les jours dans nos cités : des clans se constituent avec leurs règles, leurs codes et leur langue qui viennent altérer, appauvrir la langue maternelle.
Bien que de la même cité, en partageant le même pain, en respirant le même air, une coupure toujours plus grande s’établit, à croire que deux mondes cohabitent, s’ignorent et finissent par se haïr !
Spirituellement, cette césure, cette coupure loin du fleuve originel a pour conséquence un éloignement toujours plus grand de la cité de Dieu.
Bien que nés du même Père, ils en ont perdu la langue – l’amour – et se sont inventés « des origines » au détriment de « leur origine », se détournant de la vérité pour se donner à un faux langage dont la caractéristique première est l’exclusion de tout ce qui leur rappelle leur réelle origine à savoir être nés de Dieu dans sa cité sainte : Sion.

Cécité et aveuglement spirituel
La cécité est une déficience visuelle totale alors que l’aveuglement signifie « sans réflexion, sans examen, sans avoir pris le temps d’y penser ».
Que se passe-t-il lorsque la lumière faiblit au point de devenir une simple lueur à peine visible ? Les ténèbres prennent le pas, la réalité des choses et des biens devient incertaine au point de créer confusion et perte des repères amenant bien souvent un sentiment de doute d’abord, de crainte ensuite.
Spirituellement c’est ce qui arrive lorsque l’homme se coupe de son origine de vie, de lumière et d’amour.
Tout d’abord il ne saisit que partiellement la réalité du monde spirituel qui l’entoure pour finir par l’ignorer complètement, donnant une réalité aux ombres au détriment de la lumière et, ce faisant, hérite un esprit de confusion lui faisant perdre tous ses repères spirituels pour, en définitive, s’adonner comme le dit si bien Paul, à des doctrines de démons.
Le contraste est complet entre Sion, la cité sainte fondée par Dieu Lui-même, et les puissantes nations de la terre : l'Égypte, Babylone, Tyr... empires édifiés par l'homme à sa propre gloire.
Bien que tous soient issus de la même cité, celle de Dieu, nous avons vu ce glissement conduisant à la cécité spirituelle engendrant à son tour un aveuglement spirituel et, à terme, un rejet de la saine doctrine.
Deux origines, deux citoyennetés, sont en quelque sorte reconnues aux hommes selon qu'ils ont passé ou non par la nouvelle naissance.
Celle du croyant est dans les cieux selon

Philippiens 3:20 :
"Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses."

Il est pour l'éternité citoyen de la Jérusalem céleste et Dieu le considère comme né en elle (verset 5).

L'autre appartenance est celle du monde.
Elle est éphémère, car «la figure de ce monde passe» selon ce qui est écrit dans

1 Corinthiens 7-3
« ceux qui usent du monde doivent agir comme n'en usant pas, car la figure de ce monde passe ».

A l’inverse «le solide fondement de Dieu demeure » comme proclamé dans

2 Timothée 2:19
« Néanmoins, le solide fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent et quiconque prononce le nom du Seigneur, qu'il s'éloigne de l'iniquité ».

Aussi sera-t-il dit des hommes de la terre, y compris les plus illustres : «celui-ci était né là».

Le jugement final
Pour n’importe quelle compétition, fut-elle la coupe du monde, il y a un temps de jeux et, hormis d’éventuelles prolongations, vient toujours le coup de sifflet final.
Les équipes quittent le terrain pour rejoindre les vestiaires mais aussi leur entraineur qui tirera le bilan de la partie.
Mais croyez-vous que ces derniers aient besoin que l’entraineur leur annonce le résultat, qu’ils soient ignorants de l’issue de la partie ?
Le Seigneur a mis dans le cœur de l’homme la notion de l’Eternité.
Et tout homme, consciemment ou non, se rappelle dans ces derniers retranchements, qu’il a aussi une nature spirituelle, qu’il est capable de penser, de réfléchir et de s’interroger sur son origine et son devenir.
Comme le disait si bien le poète LAMARTINE :
« Borné dans sa nature, infini dans ses vœux - L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ».

Le moment vient où «l'Éternel enregistrera les peuples» et donnera à chacun son droit de cité.