«Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.
Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu.»

Que votre cœur ne se trouble pas ! Jésus commence fort ! Y aurait-il une raison d’être troublé ?

Regardez le monde, lisez les journaux, regardez la télé ou écoutez la radio : il n’y a aucune raison d’être troublé.

Nos politiques nous expliquent que demain sera bien meilleur qu’aujourd’hui, que le chômage ne concerne que ceux qui ne veulent pas s’investir, que les sacrifices demandés aujourd’hui assureront nos retraites de demain, que le ruissellement des plus riches finira bien par atteindre un jour les plus démunis, qu’il faut garder la foi dans le modèle sociétal qui nous est imposé et y croire car eux les sages ont une lisibilité et une certitude qui résisteront à toute les épreuves.

Restons confiants, le mondial de foot est là pour – comme ils disent – nous faire rêver et nous procurer une part de bonheur.

Alors pourquoi être troublé, stressé, anxieux quant à notre avenir ou celui de nos enfants ?

Mais alors pourquoi tant de suicides chez les jeunes en particulier ? Pourquoi la vente des anti dépresseurs augmente-t-elle de manière exponentielle ?

Pourquoi tant de doutes, de peurs refoulés et d’évasion dans la drogue, l’alcool, le sexe, la recherche de paradis artificiels ?

Notre société actuelle et les perspectives futures ne seraient pas aussi attrayantes que ressassées jour après jour par des médias bien trop souvent aux ordres d’une pensée unique ?

Le problème se résume en fait sur une lisibilité claire de notre devenir.

Ou va le monde, où va notre société, que vont devenir nos valeurs qui nous ont forgé tels que nous sommes, quel avenir pour moi, mes enfants, ma famille?

Tout va si vite, trop vite, j’ai du mal à suivre et si je m’arrête, c’est l’exclusion, la perte de repères, pour cette «nouvelle société mondialisée» il n’y a plus qu’une ligne directrice : la performance individuelle et tant pis pour tous ceux – de plus en plus nombreux – qui tombent sur le bord du chemin.

Notre problème c’est que nous ne savons plus où nous allons, où va le monde, notre boussole morale, éthique et, somme toute, profondément humaine, a perdu le Nord et ne nous est plus d’aucune utilité car jugée ringarde, passéiste, dépassée !

Et la société vous le claironne jour après jour : tout ira mieux demain, ne réfléchissez pas, battez vous mais en fait contre qui ou contre quoi ?

Cette vie est elle sans issue ? La réponse est elle dans l’alcool, les « fêtes » du weekend, les rencontres d’un soir qui finissent toujours par laisser un goût amer ?

Il y a plus de deux milles ans, un homme nous a parlé et, pour celui qui sait s’arrêter, tendre l’oreille, sortir pour un temps de ce monde factice et accepter de l’écouter et non de l’entendre, cet homme a délivré un message révolutionnaire :

* Que notre cœur ne se trouble pas

* Qu’il s’en allait auprès du Père qui est aussi Notre Père

* Qu’il y allait pour nous y préparer une place éternelle

* Qu’il reviendrait pour nous prendre avec lui

* Que notre place n’était plus dans ce monde mais dans celui à venir

* Que notre destinée est éternelle et que nous en savons le chemin.

Mais qui était cet homme ? il s’est déclaré Fils de Dieu et nous a affirmé qu’il était vivant aux siècles des siècles et, plus extraordinaire, qu’il serait avec nous tous les jours de notre vie pour la partager, la vivre avec nous, éclairer notre route, et nous amener vers le but ultime de toute destinée : le passage de ce monde à un autre monde, une autre vie si, pour peu, nous le voulons bien.

Alors cet homme était il un sage, un «Bouddha» c'est-à-dire un éclairé qui avait reçu l’illumination divine, un doux rêveur ou bien plus que cela ?

Un fait historiquement établi, vérifié, recoupé :

* Il est né et a vécu en Palestine

* Sa vie et ses œuvres ont marqué les temps et les hommes et sont parvenues jusqu’à nous

* Il est mort crucifié à Jérusalem

* Sa seule faute : avoir trop aimé et s’être donné en sacrifice pour notre rédemption, pour précisément nous ouvrir le chemin de l’éternité

Mais me direz-vous, en quoi cela va changer ma vie ? Où est-il ? Que peut-il pour moi ?

Effectivement il ne pourrait rien pour toi s’il n’y avait eu ce fait unique, qui dépasse l’entendement :

* Il est ressuscité et vit aux siècles des siècles

Et cela tu peux le vérifier par toi-même, en saisir toute la portée, la potentialité, si tu as le courage, l’humilité et le désir de le tenter, de le mettre au pied du mur en t’adressant à lui dans le secret de ton cœur.

Une seule chose à retenir, viens à lui tel que tu es, ne cherche pas à être religieux ou désinvolte mais reste toi-même, conscient de tes faiblesses mais aussi de tes valeurs et dis lui simplement :

«Seigneur, je ne te connais pas mais toi tu me connais mieux que moi-même, entre dans ma vie, fais toi connaître et je te glorifierai»

Et que crois-tu qu’il arrivera ? Il te répondra

« Vous m'invoquerez, et vous partirez ; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur»

Et dès lors tu ne parleras plus de lui au passé ou à l’imparfait mais au présent : il est !

Et Jésus de nous affirmer que nous connaissons le chemin de notre destinée.

Bien sur que nous en connaissons l’issue terrestre, que nous ne pouvons pas la changer, tout au plus l’éloigner pour un temps par les progrès de la médecine mais la finalité est toujours là, prégnante, irrémédiable, nous quitterons tous, sans exception, la route de ce monde.

Et Jésus nous parle d’un monde après le monde, d’une vie après la vie où il nous y a préparé une place. Il recentre le débat, nous éclaire d’un jour nouveau notre vie actuelle, il met en quelque sorte de la couleur dans la grisaille d’aujourd’hui.

Oui, tout ne s’arrête pas avec la mort, bien au contraire, tout commence !

Notre vie d’aujourd’hui est en déphasage par rapport à ce futur merveilleux. Nous nous questionnons d’autant plus que la science nous déçoit, la technique ne nous satisfait pas et l‘avenir nous parait bouché. Thomas nous rappelle qu’avant de nous mettre à rêver il faut regarder la réalité où nous sommes, et que c’est à partir de là que l’on peut disserter sur ce qui transcende notre vie.
Comme toujours Thomas, n’a rien compris, mais il n’a pas tort, car son intervention permet de poser le problème à son juste niveau. Il n’a pas encore compris que si nous faisons dès maintenant de Jésus le compagnon de nos vies celui-ci nous fera passer, ipso-facto de ce monde-ci à la réalité céleste du monde de Dieu.

Il n’a pas tort de nous rappeler l’importance de notre réalité terrestre parce que, comme chacun de nous il est suffisamment attaché à la réalité matérielle pour savoir que si on se laisse aspirer par le spirituel, sans avoir réglé le problème du matériel, on passe forcément à côté de la Vérité.

Thomas dans son rôle de naïf pose ici les vraies questions pour demander à Jésus quelle sont les conditions qui permettent de le suivre dans son élévation céleste.

Et ces questions nous nous les posons tous ou nous nous les poserons tous : Que faire pour entrer dans le chemin de Dieu, comment savoir si la route que j’ai prise est la bonne, comment savoir si je ne m’égare pas, si je ne me trompe pas ?

Thomas pour sa part nous ramène dans ce monde matériel où nous sommes, car il sait qu’on ne peut impunément s’élever vers le ciel sans tenir compte de la réalité matérielle où nous sommes.

Jésus semble parler d’un monde qui n’est accessible que pour ceux qui ont déjà franchi les limites du monde des vivants, il parle d’un au-delà qui ne concerne plus notre réalité physique, c’est pourquoi Thomas ose dire à Jésus qu’il va trop vite et qu’il a du mal à le suivre car Jésus semble escamoter les vrais problèmes.

C’est souvent ainsi que fonctionnent ceux qui veulent parler de Dieu et nous instruire des merveilles de la vie future car ils oublient de dire quel lien unit notre vie présente faite de labeur ou d’ennui, de banal ou d’excitant, avec le futur qui nous est promis
Comment appréhender les mystères célestes quand nous sommes bouleversés par les épreuves ou tout simplement les soucis? Nous sommes ces hommes et ces femmes du questionnement, insatisfaits de leur quotidien à qui Jésus affirme qu’il est

« le Chemin, la Vérité et la Vie »

Je suis le chemin dit-il. Il s’agit bien évidemment du chemin de notre vie, et nous savons tous qu’au bout du chemin il y a inéluctablement l’échéance de notre mort. Mais la présence de Jésus dans notre vie modifie notre manière de voir cette échéance.

Notre vie est un long chemin qui se perd dans un futur que l’on ignore, et Jésus agit à côté de nous comme celui qui éclaire ce chemin. Autant de contacts, autant de rencontres aurons-nous avec Jésus, autant de lumières aurons-nous sous nos pas.

Il appartient à chacun de nous de provoquer cet éclairage de Jésus sur le chemin de notre vie.

Prière, culte, méditation, lecture de l’Écriture et bien d’autres, sont autant de lumières ponctuelles qui permettent à Jésus d’éclairer notre existence.
- Comme les disciples d’Emmaüs, nous devons repérer Jésus quand il vient à notre rencontre.
- Comme les pécheurs du lacs nous nous efforçons de le voir dans nos occupations de chaque jour.
- Comme Jaïrus, nous devons le retrouver dans les drames de notre vie.

Chaque fois que nous faisons l’effort de repérer sa présence, il éclaire pour nous l’instant que nous vivons.

Il ne supprime ni l’épreuve, ni l’obstacle, mais en les éclairant il permet de les dépasser et d’ancrer en nous la certitude que puisqu’il est présent sur notre chemin, il y place aussi sa résurrection, qui devient notre résurrection et c'est elle qui illumine le terme de notre chemin.

Cet éclairage ultime devient pour lui, l’expression de la vérité.

La Vérité: Elle concerne notre réalité humaine. Elle nous dit que la résurrection et l’Éternité font partie de l’ordre normal de la création. Jésus essaye de nous convaincre que nous ne sommes pas nés pour finir dans le néant, sans quoi, Dieu lui-même deviendrait incohérent. Il a créé l’Éternité pour nous y accueillir dès maintenant.

Encore faut-il lui faire confiance, encore faut-il lui faire l’honneur de croire en sa promesse.

La Vérité consiste à croire qu’il y a de l’harmonie dans le plan divin et qu’il ne soumet pas les hommes aux caprices de sa fantaisie.  Il nous prie de croire qu’il est un Dieu d’ordre et qu’il a prévu pour nous un devenir qui appartient à l’ordre de sa création.

La création de Dieu consiste à faire surgir la vie là où elle n’est pas encore et à la maintenir là où elle est menacée.
La vie, telle que la mène la plupart des humains de cette planète est perçue comme une existence sans lendemain, elle n’est vie qu’en apparence.

C’est ce qu’a bien senti Thomas quand il interroge Jésus et qu’il lui avoue qu’il ne comprend pas ce qu’il dit. Jésus qui apparemment semble le désavouer lui donne raison.

Jésus laisse bien entendre que la Vérité est au delà du monde sensible où nous sommes. Pour la percevoir, il nous faut faire un effort sur nous-mêmes pour rejoindre Jésus qui chemine dans notre intériorité. Il nous faut faire un effort pour pénétrer la réalité sensible de notre personne.

S’il y a une intériorité invisible dans notre existence, elle n’en est pas moins authentique. Au contraire, la Vérité sur notre vie consiste à faire ce travail sur nous-mêmes pour que cette partie invisible habitée par Jésus irradie la partie visible et donne ainsi du sens à ce que nous vivons.

Jésus confirme ainsi que sa présence sur le chemin de notre vie nous pousse toujours à dépasser la réalité visible, liée à la matière pour s’attacher au monde de l’esprit qui transcende la matière, le temps et l’espace, et nous introduit en présence de Dieu.
C’est la présence de Jésus en nous qui donne à notre avenir la dimension de l’Éternité, mais il appartient à chacun d’entre nous, non seulement de solliciter cette présence mais de l’entretenir.

Il nous faut donc multiplier les rencontres avec lui et nous soumettre à son enseignement selon lequel notre prochain a plus de valeur que nous-mêmes. Il porte en lui le visage de Dieu et il n’y a ni vie ni vérité en dehors de Dieu.

C’est ainsi que la vie s’inscrit dans la continuité de l’œuvre créatrice de Dieu. Elle est le complément indispensable de la Vérité, car en Dieu rien n’est vrai qui n’est éternel et la vie en Dieu ne peut être que porteuse d’éternité.
En conclusion retenez qu’il vous appartient de repérer la présence du Christ en vous et de l’entretenir.

Sachez que cette présence seule peut éclairer le chemin de votre vie et que ce chemin débouche dans l’Éternité.

Celui qui a compris cela est déjà dans la résurrection du Christ et les portes de l’Éternité sont ouvertes pour lui.

Amen