Jean 21 : 1 à 8 « Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra. Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.
Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non. Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées ».

Traditionnellement nous faisons le bilan d’une année au début de l’année suivante.

Nous soldons les comptes en fin d’exercice.

Je crois qu’il est temps de se pencher sur l’année qui s’achève et d’avoir un regard lucide sur ce que 2016 a été pour nous :

L’année 2016 a été pour certains parmi nous une année difficile, et pour d’autres une année de bonheur. Chacun s’est battu à sa manière pour pouvoir sortir la tête de l’eau. Peut-être ne l’avons-nous pas fait dans les règles de l’art et par rapport à l’Ethique chrétienne. Alors aujourd’hui, le Christ vient encore nous parler et nous montrer comment procéder.

Dans ce récit nous sommes déjà loin de la crucifixion et pourtant si près tant il est vrai que cet évènement a marqué à la fois les cœurs, le temps et l’Histoire.

D’ailleurs notre texte débute par ces mots : « Après cela » comme pour mettre en relief l’importance de ces moments là.

Nous avons tous à un moment donné ou à un autre non seulement entendu parler de Christ mais nous l’avons tous côtoyé dans notre existence.

Comment ? Mais tout simplement dans le regard complice d’un enfant, dans le sourire et le regard si pur, si bleu de cet inconnu qui passe, dans cette poignée de main où l’on devine tant de chaleur humaine, dans les pas de ce vieillard si digne et pourtant si faible, dans cet ami qui a frappé à ma porte au moment où j’en avais tant besoin, dans ces larmes partagées dans le secret des cœurs…

Oui le Christ est présent toutes les fois où j’ai su aimer et / ou j’ai su accepter d’être aimé pour ce que je suis, sans retour, sans détour et sans calcul.

Oui Jésus se tient mais s’est aussi tenu en cette année 2016 devant ta porte et nous a rappelé ses paroles :

« Voici je me tiens devant ta porte et je frappe. Si tu entends ma voix, si tu ouvres ta porte je rentrerai chez toi, je souperai avec toi et toi avec moi » Apocalypse 3 : 20.

Nous l’avons tous rencontré mais l’avons-nous tous reconnu ?

Nos problèmes, nos soucis, les difficultés de la vie, notre solitude si pesante, notre peur du lendemain alimentée par tant et tant de nouvelles alarmantes font que nous nous sommes bien souvent recroquevillés sur nous-mêmes, dévorés littéralement par notre mal être au point de ne plus voir que nos problèmes et ignorer les difficultés, les peines, les drames vécus par ceux que nous côtoyons, à commencer par nos frères et sœurs.

Là où un sourire, une parole bienveillante, une marque d’amour, de respect malgré notre mal être auraient très certainement amenés la bénédiction du Père, nous sommes restés figés et froids dans notre problème et nos sentiments nous privant par là même de l’esprit de Dieu qui apaise, calme et…guérit !

Nous l’avons tous rencontré mais l’avons-nous tous aimé ?

A l’inverse, notre bien être, notre confort, notre aisance n’ont-ils pas alimenté, nourri, gavé notre égoïsme, notre religiosité, notre froideur empêchant de fait cette ouverture vers Dieu et donc vers les autres ?

Si nous comprenions qu’un changement dans notre manière d’être, de vivre, d’agir en ayant les yeux fixés non plus sur notre nombril mais sur les clous que nous plantons dans la chair de Christ toutes les fois que notre égoïsme l’emporte sur notre devoir d’amour je puis vous dire que votre problème, vos douleurs, votre mal être trouveraient leur épilogue dans les mains de Dieu car il a compassion pour qui a compassion.

Oui, après tout cela, à la grande surprise de tous, Simon Pierre et certains disciples dans le groupe, reprirent leurs barques. Tous retournèrent à leurs anciennes occupations, à leur vie ancienne, comme si l’aventure avec Jésus était finie. Ils n’avaient pas encore réalisé le sens de la mission que le Christ leur avait confiée. Étaient-ils découragés par la disparition tragique de leur maître ? N’avaient-ils plus besoin de continuer ce qu’ils avaient commencé avec Jésus ? Ou alors étaient-ils fatigués de faire un travail qui ne leur rapportait « rien » ? Voilà autant de questions qu’il faut se poser face au comportement et à la réaction des disciples après la dernière visite de leur maître. Face à ce découragement, Jésus devait donc revenir recentrer l’objet de la mission afin de relancer ses apôtres dans leur vocation apostolique.

Et toi, où en es-tu ? Le découragement a-t-il frappé à ta porte ? Tes doutes, tes peurs, tes hésitations, ton impatience, tes pensées mauvaises t’ont-ils coupé de la source d’eau pure et claire que le Christ t’invite chaque jour à boire pour la régénération du corps et de l’âme ?

Les pensées destructrices distillées jours après jours par Satan ont-elles annihilées cette communion avec Christ qui lui seul peut les régénérer en les purifiant et en te confirmant que tu as du prix à ses yeux et que :

« Ses pensées ne sont pas tes pensées, et tes voies ne sont pas ses voies, Dit l'Eternel.
Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de tes voies, et mes pensées au-dessus de tes pensées ». Esaïe 55 : 8 et 9.

A l’inverse, une insouciance tranquille, doucereuse a-t-elle pris le dessus en gommant tout esprit critique tel que voulu par Christ, confortant une religiosité stérile et contre-productrice pour l’avancement du Royaume de Dieu, t’aveuglant au point de ne plus voir que toi-même ou ceux que tu aimes et ignorant délibérément ceux que le seigneur a placé sur ton chemin parce que tu es tellement mieux avec ceux qui te comprennent, ceux avec qui tu partages les mêmes opinions, les mêmes idées…

En fait ton confort te fais dire : « Ma volonté et non la tienne ».

Tout comme Pierre et quelques autres, si tu es dans cet état d’esprit, tu vas lancer tes filets toute la nuit dans les coins et recoins du lac, mais en vain, la pêche sera infructueuse, même pas un seul petit poisson. Alors, tout fatigué et déçus, tu retourneras au rivage ; ce sera au petit matin.

Tes problèmes et tes doutes, tes peurs et tes angoisses, ton égoïsme, ton insouciance et ton manque de persévérance t’amèneront à jeter le filet…la nuit !

Autrement dit quand tu ne distingues plus très bien le vrai du faux, quand tes problèmes vont prendre une autre dimension tellement plus inquiétante quelle n’est en réalité, quand, du fait de l’obscurité, tu ne retrouves plus ton chemin !

« Mais à quelques mètres de la rive, toujours dans la barque, ils aperçoivent une personne qu’ils ne reconnaissent pas aussitôt, mais qui leur adresse la parole en ces termes : « Mes enfants ! N’avez-vous rien à manger ? »

On peut se poser quelques questions telles que : l’inconnu avait faim et voulait quelque chose à manger ? Etait-ce un pêcheur, qui avait aussi passé les moments difficiles cette nuit là et voulait demander quelques poissons pour sa ration ? L’inconnu avait-il constaté que la barque était vide et en solidarité voulait leur proposer quelques poissons ? L’inconnu avait-il comprit que la fatigue avait déjà envahit les pêcheurs et il voulait leur proposer un petit déjeuner pour les ressourcer ?

Mais la question fondamentale, cruciale est la suivante : pourquoi ne reconnaissent-ils pas le Seigneur ?

Et c’est la même question qui nous est posée : Pourquoi ne m’as-tu pas reconnu dans ce frère qui avait tant besoin de ton sourire, dans cette sœur qui aurait eu tant besoin d’une parole d’amour ou, tout au moins de réconfort ou d’amitié, dans cet étranger que tu as croisé en baissant les yeux, dans ce vieillard qui ne demandait qu’un regard empli de chaleur humaine ?

Pourquoi, pourquoi tant de pourquoi ?

« Regardes-toi Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant!  Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi ». Apocalypse 3 : 15 à 19.

Où en sommes-nous à l’horloge de Dieu ? N’est-il pas temps de te ressaisir, d’abandonner ta façon d’être, ta façon d’agir, ta façon de penser, ta façon de te comporter et d’avoir un autre regard sur toi et sur les autres, n’est-il pas temps d’ouvrir enfin tes yeux sur ce que Dieu attend de toi afin que tu deviennes celui ou celle dont le seigneur a besoin ?

« Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez ».

Les disciples sans hésiter, sans se poser des questions ou encore sans murmurer comme nous aimons le faire à pareille circonstance, oui les disciples sans dire mot, ont jeté leurs filets et le miracle s’est produit. Ils ont cherché du poisson toute la nuit sans trouver et au petit matin sous les ordres d’un inconnu, ils ont recueillit du poisson en abondance, demandant même l’aide des autres pêcheurs.

« Jetez le filet du coté droit de la barque et vous trouverez » .

Ils l’ont fait et ils ont trouvé.

Ils ont jeté leur filet au petit matin qui symbolise dans le texte le moment propice où le bonheur se présente ; c’est l’ultime moment où le Seigneur, après avoir écouté la prière du croyant, agit en faveur de ce dernier. C’est le moment où le Seigneur répond à la requête du croyant qui souffre et qui l’appelle. Oui, au petit matin, les disciples fatigués ont été surpris par le dernier filet qu’ils ont lancé.

Le petit matin pour toi sera ce jour béni où tu prendras cette résolution, cet engagement de jeter ton filet non plus dans la nuit de tes pensées, de ton égoïsme, de ta religiosité mais dans la lueur grandissante de la gloire de Dieu.

Le petit matin sera pour toi l’aube d’un grand jour où tu verras la lumière de Dieu venir dissiper les ténèbres de ta petite, morne et triste vie, où comme l’a écrit Martin Luther King tu feras ce rêve :

« Qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. 
Qu'un jour même l'état de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. 
Que tes enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.
Qu'un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et sœurs. 
Qu'un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés,  les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble. 
Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révolter pour la liberté ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres. 
Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir: "Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres!"

Oui ! au petit matin, l’Eternel Dieu a pourvu pour Simon-Pierre et ses compagnons. Toute la nuit est passée où rien n’a été favorable pour les disciples, mais le petit matin est arrivé où grâce à leur maître, ils ont réalisé la pêche de leur vie, une pêche jamais faite ;

« jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez. »

Dans la tradition biblique, il est dit que la main droite est le symbole de la puissance, de la force et de l’autorité. La droite est la place d’honneur c’est pourquoi nous pouvons entendre dans les lectures bibliques que Jésus-Christ est assis à la droite de son Père.

La Bible nous enseigne que, comme c’est du côté droit que l’ennemi se place pour accuser l’homme, c’est aussi de ce même côté droit du croyant que l’Eternel se tient pour le protéger, pour lui redonner des forces et pour l’aider. Alors, jeter le filet du côté droit symbolise ici : « chercher à l’endroit où Dieu, à travers la demande de son Fils Jésus-Christ, a préparé quelque chose pour le croyant, pour le bonheur de ceux qui prient sans cesse, en vérité et en Esprit, pour le bonheur de ceux qui ont mit toute leur espérance en lui.

C’est au petit matin que Pierre reconnaît le Seigneur.

C’est au petit matin de ce jour nouveau où tu te seras engagé à vouloir changer ton comportement, ta manière de vivre et de juger, où tu auras enfin compris que c’est du cœur que viennent nos mauvaises pensées et que sans ce désir sincère de vouloir tout mettre à plat, de passer sur ton orgueil, tes suffisances, ton arrogance, ta religiosité et ton égoïsme le Seigneur ne peut rien faire pour toi, alors et alors seulement l’aube d’une espérance nouvelle se fera jour.

Avec elle le Seigneur aplanira ton sentier, et réalisera enfin pour toi sa promesse reprise au psaume 91 : 14 à 16

« Puisqu'il m'aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom.
Il m'invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai.
Je le rassasierai de longs jours, Et je lui ferai voir mon salut ».

Jésus est toujours là prêt à nous soutenir, à nous montrer où est-ce que nous devons jeter notre filet, comment est-ce que nous devons procéder pour réussir ; il nous suffit seulement de l’écouter et de faire ce qu’il demande de faire.

« Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez ».

Que celui qui a les oreilles pour entendre, écoute ce que l’Esprit nous a encore dit ce matin en cette fin d’année 2016. Amen.

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