Genèse 28 : 11 à 19 Il arriva dans un lieu où il passa la nuit; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là. Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. Et voici, l'Eternel se tenait au-dessus d'elle; et il dit: Je suis l'Eternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre; tu t'étendras à l'occident et à l'orient, au septentrion et au midi; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité. Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t'abandonnerai point, que je n'aie exécuté ce que je te dis. Jacob s'éveilla de son sommeil et il dit: Certainement, l'Eternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas! Il eut peur, et dit: Que ce lieu est redoutable! C'est ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux!

Le rêve de l’échelle. Rappelons-en le contexte.


Jacob doit fuir devant les menaces de son frère (Gn 27,41). Il quitte son pays et la demeure de son père, erre, la nuit, sur les chemins, dort à même le sol, une pierre en guise d’oreiller, le ciel au-dessus de sa tête. C’est à ce moment précis que Dieu lui apparaît, pour la première fois, en songe. Comme si la révélation divine s’exprimait par des images signifiant une idée qu’il s’agit de dégager selon l’enseignement du Talmud- « un rêve qu’on n’interprète pas est comme une lettre qu’on ne lit pas ».

Il arriva dans un lieu où il passa la nuit; car le soleil était couché.

Nous sommes tous des Jacob en puissance, nous avons tous, nous avons eu tous ou nous aurons tous des moments de crise, de doute, de peur, de sentiment d’échec ou d’impuissance où, désorientés et perdus nous allons – dans un premier temps – fuir, nous échapper ou tenter de le faire en nous réfugiant dans des « solutions de repli » factices qui ne résolvent en rien notre problème mais ne font que le gommer provisoirement pour qu’il ressurgisse tout aussi menaçant, inquiétant l’instant d’après.

Affronter une situation à priori insurmontable et se sentir acculé, écrasé, victime expiatoire d’une succession d’évènements incontrôlés aux conséquences souvent néfastes n’a rien de jubilatoire !

Et que dire quand cette situation est la résultante de nos actions volontaires, réfléchies et pour lesquelles nous n’avons aucune circonstance atténuantes ?

Regardons à Jacob :

Il arrive dans un lieu … Rien n’est dit sur cet endroit, c’est le désert. Jacob est de la même trempe que nous car nous aussi nous avons à affronter des situations figées en apparence, où rien ne semble avancer, où tout concourt au découragement, à l’envie de tout abandonner, de ne plus y croire et de fuir le plus loin possible !

N’avez-vous jamais remarqué que lorsque tout semble sourire au méchant, tout semble s’abattre sur vous, difficultés, épreuves etc.

Fuir ou nier le problème ne le résout pas, jamais ! Et la fuite, la main lâchée et l’espoir perdu, comme Jacob, nous mènent au désert. Le désert d’une vie où la solitude et la sècheresse du cœur nous coupe peu à peu du monde des vivants pour nous mener à la morsure du scorpion et à la mort.

Et comme si le désert ne suffisait pas, Jacob y arrive la nuit !

Le désert de nos échecs noirci toujours nos facultés d’adaptation.

L’ennemi le sait, dans la solitude de ton cœur – le désert – il rajoutera une couche en noircissant le peu de lumière d’une flamme bien vacillante ! Et ton dernier espoir d’une issue victorieuse s’en trouve étouffé.

Le désert spirituel rend aveugle et sourd.

Et comme si cela ne suffisait pas, il nous est précisé que le soleil était couché !

Et qui est le soleil dans la vie d’un chrétien si ce n’est Christ lui-même ?

Alors même Lui se serait couché ?

Pour Jacob, spirituellement, Dieu ne comptait plus ou, plus précisément, Jacob ne comptait plus sur Dieu. D’ailleurs, y avait-il compté un jour ?

Mon frère, ma sœur, dans ton problème de solitude, de peur, de découragement, le soleil s’est-il couché ? Es-tu au désert de ta vie car ne voyant pas d’issue tu as préféré fuir, tourner la tête, te tourner la tête dans des paradis artificiels ou fais-tu semblant d’y croire te trompant toi-même dans le vain espoir que tout finira par s’arranger, se régler « naturellement » ?

Si le désespoir, le découragement, l’envie d’en finir, de fuir, de tout laisser tomber ont gagné ton cœur au point de ne plus savoir où tu es, où tu en es, de vouloir, comme Jacob, te poser et dormir, dormir pour oublier, tout oublier, il est temps, grand temps que tu es un songe, une parole, une vision afin que tu vives car rien, absolument rien n’est impossible à l’Eternel !

Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel.

Nous changeons de décors, de temps et d’espace. D’ailleurs le temps et l’espace tels que nous les concevons, ne sont plus !

Nous entrons dans la dimension de Dieu. Une échelle est appuyée sur la terre et son sommet touche le ciel.

Cette échelle symbolise l’accès à un espace que par définition l’homme ne peut atteindre par ses propres forces. Mais elle symbolise pareillement le rapport entre la mesure d'un objet réel et la mesure de sa représentation.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit : la réalité de Dieu et la mesure de sa représentation. Dieu n’est jamais bien loin de celui qui le cherche : « Quand le malheureux crie à l’Eternel, l’Eternel l’entend et le délivre de toutes ses détresses ».

Et Jacob n’a même pas crié à l’eternel ! Mais Dieu établi toujours un pont entre Lui et l’homme, une échelle de valeur variable pour chacun de nous, ajustable à nos capacités et à notre désir d’aller plus haut, plus loin pour finir par le chercher Lui, l’Eternel des armées et, l’ayant trouvé, qu’Il nous guérisse de nos tous nos maux.

Et même dans nos déserts, au plus profond d’une nuit noire et froide, Il ajuste toujours une échelle de « survie » afin de nous amener à Lui.

Mais encore faut-il la saisir et pour la saisir faut-il la voir et vouloir s’en emparer !

Que nous dit Jean Apocalypse 3 : 17   « Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu »

Combien de fois nous ne savons pas voir l’échelle dressée car drapés dans nos certitudes, aveuglés par la démesure du problème, du handicap qui nous atteint, sourds à l’appel de Dieu car n’écoutant plus rien ni personne, murés dans un silence délétère et ne désirant qu’une chose : se retrouver tout seul et, lorsque cette solitude est là vouloir à tout prix s’en échapper en s’étourdissant dans le monde et la foule pour, à la fin, n’avoir qu’une envie : se retrouver à nouveau tout seul !

La roue tourne sans cesse et, à chaque tour, s’emballe un peu plus !

Mais Dieu n’abandonne pas la partie, jamais ! Ton problème, Il le connaît, le voit de haut, du haut de l’échelle et en ajuste toujours la variable à tes facultés.

Il veut que tu le prennes à bras le corps, que tu le regarde en face pour en mesurer à son échelle à Lui et non à ton échelle à toi l’importance et la difficulté.

Et voici, l'Eternel se tenait au-dessus d'elle.

Et c’est là le point central, fondamental de cette expérience que fait Jacob. Dieu n’est jamais trop loin ni trop haut, encore moins inaccessible.

L’Eternel règne, ceint de puissance et de gloire mais aussi enveloppé par la compassion et l’amour pour sa création. Il règne pout toi, pour ta maturité spirituelle. Il veille pour toi et sur toi pour l’accomplissement des projets qu’il a formé afin que tu entre dans Ses voies et en sorte en vainqueur.

Dans ton désert tend ton oreille, ouvre tes yeux : l’espérance d’une victoire dans ton épreuve se murmure comme un mince filet d’eau dans le lit d’un ruisseau et, dans la chaleur étouffante du désert, tu distingues, encore flous, les contours fugaces d’une oasis !

L’Eternel se tient là, au rendez-vous qu’Il t’a fixé sur la longue route de la vie et, même si tu ne distingues que de vagues contours, ton oreille a discerné le bruissement du filet d’eau qui va étancher ta soif, restaurer ton âme et préparer ta victoire.

Alors, ayant saisi cette main tendue, à son contact tu sentiras la marque d’un clou, une cicatrice brûlante mais apaisante, une main qui va t’aider à te relever, à faire ces quelques pas jusqu’à cette oasis que maintenant tu distingues nettement

Et là, dans le calme et le repos du soir, enfin désaltérer, tu gouteras aux fruits du palmier afin de prendre des forces nouvelles et tu percevras dans le silence de la nuit étoilée comme un doux murmure qui soufflera à ton oreille :

«  ne crains rien, j’ai tout accompli à Golgotha, je suis avec toi tous les jours de ta vie et ton problème est devenu mon problème pour lequel j’ai la solution de toute éternité ».

Et si tu apprivoise ce doux murmure, si ton cœur calque ses battements sur celui aux mains percées, ton pas s’affermira, le sentier te semblera moins rocailleux, la nuit bien plus claire, la soif moins intense et, telle une résurrection, tu verras poindre l’aube d’un jour nouveau, lumineux et conquérant.

La victoire t’appartiendra car voulue par Dieu Lui-même. De Jacob le fourbe le Seigneur a modelé Israël le glorieux.

Alors tu pourras dire sans crainte comme dans 1 Corinthiens 15 : 55

« O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? »

Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t'abandonnerai point, que je n'aie exécuté ce que je te dis. 

Et voici l’épilogue de ce passage :

Le Seigneur est toujours au rendez-vous, Il met devant nos yeux une passerelle pour aller à sa rencontre, bien mieux, Il l’ajuste à nos capacités, à notre mesure de telle façon qu’Il nous dira dans Matthieu 11 : 28-30

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

Jacob va réaliser l’étendue de cette promesse comme toi réalise-la. Jacob n’a rien demandé mais il a beaucoup reçu comme toi tu recevras beaucoup si tu discerne l’Eternel « au haut de l’échelle » et le cherche de tout ton cœur.

Jérémie 29 13 « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur ».

Non ton problème, ta solitude, ta dépendance ne sont pas une fatalité mais le tremplin pour une vie meilleure avec Dieu qui, du haut de l’échelle, t’observe, t’aime, t’encourage et te tend sa main afin que tu goutes aux fruits délicieux de l’oasis divin et que tu partes en vainqueur.

"Tout commence par un rêve. Ajoutons la foi, et cela devient une croyance. Ajoutons l'action, et cela devient une partie de la vie. Ajoutons la persévérance, et cela devient un objectif en vue. Ajoutons encore de la patience et le temps nécessaire, et cela se termine par un rêve devenu réalité".