1 Jean 1 : 9

 

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.

 

Matthieu 5 : 23-26

 

Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

 

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Je commencerai par un fait divers passé inaperçu, mais qui en dit long sur la capacité de pardonner et les conséquences bénéfiques qui en découlent :

 

Un monsieur avancé en âge vivait dans une ville avec son fils unique de 23 ans, il craignait et aimait DIEU.

 

Un jour des voleurs sont rentrés chez lui et, après avoir pris ce qu’ils avaient besoin, ont tiré sur le vieux monsieur. Ce dernier s’est couché et la balle a frappé son fils qui était derrière lui le tuant sur place.

 

Les voisins ayant entendu le coup de feu ont alerté la police qui les a arrêtés quelques heures plus tard.

 

Après l’audition des voleurs, le meurtrier fut identifié, jugé et condamné à mort.

 

On aurait pu croire que le vieux monsieur se satisfaisait de cette décision pourtant il n’en n’était rien : il n’était pas en paix.

 

Il partit voir le juge et lui demanda de gracier le criminel car « trop jeune pour mourir ».

 

Il demanda au juge non seulement sa grâce mais la possibilité de l’adopter et d’en faire son héritier en lieu et place de son fils unique.

 

Les juges autant surpris qu’émus, dépassés par une telle demande ont demandé à cet homme de bien réfléchir, ce à quoi il leur a répondit qu’il avait bien pesé sa décision et qu’étant vieux, ne lui restant pas beaucoup de jours à vivre, il voulait l’adopter, lui pardonnant son geste et, vu l’âge du meurtrier – 25 ans - et celui de son fils - 23 ans - il le remplacerait et serait son héritier.

 

Le meurtrier se mit à pleurer et à demanda pardon au vieux monsieur en lui disant qu’il ne méritait pas son amour et son pardon, et qu’il préférait mourir pour que sa conscience soit apaisée.

 

Mais le vieux monsieur a tellement insisté que les juges ont fini par accepter.

 

Il a effectué toutes les démarches pour l’adoption, ce dernier devenant son fils adoptif.

 

Ce jeune a été tellement touché et dépassé par l’amour que lui montrait ce monsieur qu’il a décidé de donner sa vie à Jésus. Il s’est converti et à reçu Jésus comme son Sauveur et Seigneur personnel. Il a suivi des études bibliques, voyant sa vie transformée au point que quelques années plus tard il a décidé d’aller dans une école biblique pour une formation pastorale.

 

Aujourd’hui c’est un grand missionnaire, il sert Dieu et va partout dans le monde parler de l’amour de Jésus qui a changé et transformé sa vie.

 

Dans le même registre, un évangéliste nous narre une expérience vécue :

 

Je fus invité, un jour, à enseigner des leaders dans un pays étranger. Au cours d'un repas, je remarquai un couple qui faisait le service ; il se dégageait une véritable osmose entre le mari et son épouse. Je me permis alors d'interrompre le mari dans sa tâche et je lui demandai de m'expliquer comment, lui et sa femme, étaient venus au Seigneur. Il me raconta leur témoignage, une histoire qui vous remue au plus profond de vous-même. Voici ses propres mots : "Frère, si nous sommes ici ensemble en train de servir le Seigneur, c'est un miracle car avant ma conversion, j'étais proxénète et celle que je prostituais, c'est elle. Aujourd'hui, elle est ma femme." Je n'aurais jamais imaginé que ce merveilleux couple avait pu vivre les pires horreurs avant leur conversion. Comment une femme avait-elle pu accepter de continuer à vivre avec un homme qui l'avait réduite à l'esclavage ? L'homme continua et dit : "S'il n'y avait pas eu le pardon de Christ, nous n'aurions jamais pu rester ensemble !"

 

Le secret était là, il se trouvait dans le pardon de Christ, seule puissance capable de restaurer des vies, de réparer l'irréparable ! Le pardon est le ciment de la réconciliation. Seul Dieu est capable de changer le cœur d'une personne à ce point.
S'il n'y avait pas eu l'amour de Jésus et la puissance du pardon, jamais ce couple ne se serait aimé d’un amour aussi pur, aussi limpide, ne craignant rien de la vérité, leur vérité mais aussi la notre !

 

N'entrevoyons plus le pardon comme une obligation, un devoir, une contrainte ou un ultimatum, mais plutôt comme une source abondante de liberté, de repos, de paix et de délivrance.

 

Si Dieu nous demande de pardonner, c'est une fois encore pour notre bien, pour notre bonheur. Il devient maintenant vital, pour celui qui a été victime, de pardonner afin de découvrir les richesses insoupçonnées du pardon.

 

PAS DE GUÉRISON SANS LE PARDON

 

Des médecins montrent aujourd’hui cliniquement comment le refus de pardonner engendre la rancœur qui peut aller jusqu’à la haine et au désespoir. Mais cela s’inscrit inévitablement dans le corps, comme tout le monde le sait maintenant. Il n’y a pas d’émotion qui ne s’imprime pas dans le physique !

 

Et de là naît alors, finement mise au point par l’inconscient, telle ou telle maladie, voire toute une pathologie qui n’épargne aucune sphère de la personne : corps, âme, esprit.

 

Sans que l’on fasse des courts-circuits un peu trop simplistes, il n’est pas rare que la haine sourde, le rejet, le racisme, la rancœur, l’amertume, le non-pardon et j’en passe ! puissent ravager un être et provoquer un cancer ou une autre symptomatologie. De même sur le plan psychoaffectif, le pardon refusé blesse la volonté, ce qui suscite une sérieuse difficulté, souvent même l’incapacité d’aimer.

 

Le docteur Joëlle GAILLARD-WASSER, d'origine française, travaille en Suisse dans un Centre psychosocial en tant que médecin psychiatre.

 

Elle a écrit sur le pardon et notamment :

 

« Savez-vous que ce mot- Pardon - n'appartient pas au vocabulaire classique de psychiatrie ? La psychiatrie est un domaine qui fait souvent peur ! On l'associe à la folie et la folie est redoutable. Où donc le pardon peut-il trouver sa place dans ce monde des blessures de l'âme, ce monde où se côtoient angoisse, culpabilité, tristesse, colère, insomnies, anorexie, douleurs ? C'est le monde de la maladie ! Et pourtant !

 

"J'en ai plein le dos !"

 

"Ca m'est resté sur l'estomac !"

 

"Ca m'a brisé le cœur !"

 

"Ce qu'il m'a dit, je n'ai pas pu l'avaler!"

 

« J’en ai les bras ballants ! »

 

Voilà bien des expressions du langage courant qui peuvent nous aider à faire le lien entre des mots, des situations et un vécu, une souffrance exprimée par delà les mots, dans et par le corps. Des mots qui expriment des maux.

 

Elle poursuit :

 

Une situation m'avait beaucoup interpellée. C'était au début de mes études de médecine. Un homme de 79 ans environ, très courtois, style vieille France, plein de charme, était hospitalisé dans le service de pneumologie pour asthme. Il étouffait. Peu à peu, son histoire se dessine.

 

A l'occasion d'une visite de sa femme et de sa fille, on découvre un foyer marqué par un événement dramatique survenu il y a quarante ans.

 

Alors que leur petite fille Nadine était un bébé de six mois, elle tombe de la table à langer, lors d'un moment d'inattention de la mère présente. C'était pendant la guerre en France. La vie est rude. Il y a peu de moyens. On ne s'aperçoit pas sur le moment que la chute est grave. Peu à peu, le développement de l'enfant se ralentit... Quand je les vois à l'occasion de l'hospitalisation du père, Nadine, âgée de 40 ans, est gravement handicapée, quasiment hémiplégique et très dépendante. Sa mère est triste, renfrognée, silencieuse et traitée pour dépression chronique. Elle est l'objet d'une manifeste sollicitude de la part de son mari. Mais pour elle, la vie s'est arrêtée à cet événement si terriblement culpabilisant pour une mère et qu'elle ne se pardonne pas.

 

Ces histoires relatées à grands traits schématiques peuvent nous faire penser à bien d'autres situations de conflits mal digérés, d'offenses subies, de blessures vécues dans nos vies ou autour de nous. Que de stress ! Que d'émotions mises en jeu ! Quand je suis offensé, blessé, je suis atteint et je souffre dans mon intégrité.

 

Mon territoire a été violenté au moins dans un de ces trois niveaux : physique, psychologique ou spirituel. Face à la violence de l'offense, j'ai mal, j'ai peur, je me sens dévalorisé, mais je suis aussi en colère. Je me tends, je me durcis, mes muscles sont tout contractés.

 

Je dois faire face si je ne veux pas m'écrouler, abattu par l'offense, la colère, l'agressivité.

 

Soit je les retourne contre mon agresseur : c'est la vengeance ; soit je les retourne contre mes proches parce que mon agresseur est inaccessible et je deviens irritable, revendicateur ; soit je les retourne contre moi-même : cette violence peut alors me rendre malade dans mon corps et dans mon âme, révélant mes points de faiblesse.

 

Nous avons tous à l'esprit des exemples comme cet homme public qui a subi une attaque de calomnies par les mass-médias et qui fait brutalement un infarctus du myocarde. Cette femme violée dans l'enfance et qui est dans la vie "comme une âme en peine", sans confiance en elle, dépressive, épousant un homme violent qui la bat.

 

Il est reconnu en effet que si l'offense atteint un enfant ou si l'agresseur est beaucoup plus puissant que l'offensé, celui-ci peut devenir très déprimé, voire se sentir fautif de l'offense, culpabilisé du tort subi. Cette pensée prédomine : "s'il m'a fait une chose aussi terrible, c'est que ne je vaux pas grand chose !".

 

A l'approche de la mort par maladie, l'influence du pardon sur ces derniers moments est primordiale comme en atteste le témoignage des accompagnants.

 

La mort est d'autant plus paisible que rien ne le retient et surtout pas une rancœur ou une amertume pour un pardon non donné, ou une culpabilité pour un pardon non accepté.

 

Comment en sortir ? Comment casser le cercle vicieux de la violence subie, rendue, qui me fait mal, me rend malade, qui m'empêche de vivre et même de mourir Comment guérir ?

 

Pardonner !

 

Mais qu'est-ce que le pardon ? Si l'on prend le dictionnaire, on y trouve la définition suivante :

 

Pardon : rémission d'une faute, d'une offense.

 

Pardonner : renoncer à punir une faute, à se venger d'une offense ; avoir de l'indulgence pour excuser ; accepter sans dépit, sans jalousie.

 

Pardonner à quelqu'un : cesser d'entretenir à son égard de la rancune ou de l'hostilité pour ses fautes.

 

Cette dernière définition comprend deux aspects : pardonner à l'autre, pardonner à soi-même. Le pardon, par ailleurs, comprend trois volets différents :

 

Le pardon demandé,

 

Le pardon reçu, accepté.

 

Le pardon accordé.

 

Le pardon a donc de multiples facettes !

 

Le pardon est un acte créateur, il n’efface pas le passé mais le recrée dans une histoire nouvelle, plus grande que la précédente.

 

Sous ce rapport le pardon, venant de Dieu, soulève des forces révolutionnaires. Seule l’expérience permet de comprendre cela. Beaucoup n’y entrent pas parce qu’ils s’en croient incapables.

 

À regarder de près, il y a le plus souvent dans ces cas une confusion entre pardonner et sentir que l’on pardonne. C’est un point important parce que très fréquent : le pardon, pas plus que la prière ou l’amour, n’est lié à une émotion quelconque de notre psychisme ! Comment peut-on "sentir" de l’affection pour un ennemi ? À ce compte, on ne pardonnerait jamais...

 

Le pardon dépend de ma volonté, il est une décision libre qui engage ma personne, mais libre aussi de mes sentiments. On peut dire "je te pardonne" sans rien ressentir. Ce qui importe c’est l’acte qui relève de l’esprit de l’homme ; les émotions relèvent du psychisme.

 

Le pardon n’est pas davantage lié à l’autre, à ses propres réactions, à ce qu’il va dire ou faire, à son éventuel rejet ou même sa violence. Celui qui pardonne est responsable de son attitude personnelle, c’est tout.

 

Les autres ne nous appartiennent pas, nous n’avons aucun droit sur eux, ni rien à exiger à leur encontre...

 

Par contre mon pardon va les libérer de mon égocentrisme et les laisser exister comme ils entendent, sans qu’ils me doivent quoi que ce soit. Je n’attends rien d’eux ».

 

Joëlle GAILLARD-WASSER poursuit :

 

« Un psychiatre m’a raconté cette histoire. Un jour qu’il faisait des visites dans un hôpital, il a vu une femme dont la condition était désespérée. Ses reins avaient cessé de fonctionner, sa peau était décolorée et elle était dans le coma, attendant simplement de mourir. Un jour, le Saint-Esprit le poussa à dire: «Au nom du Seigneur Jésus-Christ, je vous pardonne vos péchés.»

 

Environ une semaine plus tard, il fut abasourdi de voir cette femme marcher dans la rue, complètement guérie. Le péché non pardonné avait causé son délabrement physique. Lorsque ses péchés ont été pardonnés à travers l’intercession de cet homme, son esprit en a été dégagé devant Dieu et elle a été en mesure de recevoir la guérison ».

 

Oui, le non-pardon, les émotions destructives entrainent des répercussions toxiques sur notre corps et sont la cause d’une panoplie de maladies graves dont:

 

Hypertension

 

Arthrite

 

Sclérose en plaques

 

Syndrome du colon irritable

 

Certains types de cancer

 

Ces émotions négatives sont capables d’abréger l’espérance de vie de nombreuses personnes et peuvent les priver de la santé physique à laquelle elles consacrent certainement beaucoup d’effort.

 

«Pardonnez-vous réciproquement, de même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi». Colossiens 3:13

 

Le pardon permet à une personne de se décharger

 

de ses sentiments refoulés

 

de sa colère

 

de son ressentiment

 

de son amertume

 

de sa honte

 

de son chagrin

 

Il lui permet également de se débarrasser

 

de son regret,

 

de sa culpabilité,

 

de sa haine et d’autres émotions toxiques qui, enfouies au plus profond de son être, la rendent malade, sur le plan physique et émotionnel.

 

Une étude connexe révéla une réduction de près de 40 p. 100 des blessures émotionnelles en 1 semaine de formation au pardon, de même qu’un déclin important du niveau de dépression.

 

La Bible mentionne 3 cas de figure traitant du pardon

 

1er Cas:

 

L‘offenseur est conscient de son offense et il se repent.

 

Luc 17 -3 « Si ton frère s’est rendu coupable d’une faute reprends-le et s’il la reconnaît, pardonne-lui ».

 

2ème Cas:

 

L‘offenseur n‘est pas conscient du mal qu‘il a fait.

 

Mathieu 18-15 « Si ton frère s’est rendu coupable, va le trouver et convainc-le de sa faute ».

 

Voilà ce qui s‘est passé..

 

Voilà ce que tu m‘as fait...

 

Voilà ce que j‘ai ressenti...

 

Voilà ce que cela a produit dans ma vie

 

֪֠֩• Voila ce que j’attends de toi…

 

3ème Cas:

 

L‘offenseur est de mauvaise foi.

 

« Mets-le sur le même plan que les païens et les collecteurs d‘impôts ». (Mt 18:17)

 

« Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Garde-toi aussi de lui. ». (2 Timothée 4: 14-15).

 

« Il est juste, en effet que Dieu rende détresse pour détresse à vos oppresseurs et qu’il vous donne, à vous opprimés, le repos avec nous… » (2 Thessaloniciens 1: 6-7)

 

La portée du Pardon

 

Nous sommes appelés à pardonner « comme » Dieu nous a pardonné en Jésus-Christ.

 

Ephésiens 4:32 « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ ».

 

  1. Pardonner = Libérer

 

En grec (apheimi) signifie : éloigner de, faire disparaître, libérer. (Matthieu 6:12-15) Quand Dieu nous pardonne, il fait disparaître nos péchés comme s’ils n’avaient jamais existé.

 

Psaume 103 : 12 « Autant l’Orient est éloigné de l’Occident autant il éloigne de nous nos offenses ».

 

Si en pardonnant, nous considérons l’offense comme si elle n’avait jamais existé, nous n’aurons pas « à tenir comptes » des fautes du prochain. Chaque nouvelle offense serait la 1ère, puisque les précédentes auraient disparu. De cette manière, notre pardon serait aussi illimité que le pardon de Dieu à notre égard.

 

  1. Pardonner = Purifier

 

En grec « purifier » (katariro) signifie : Purger, rendre propre. Ce 2ème mot nous révèle le sens du pardon. Dans l’Ancien Testament en hébreux ce mot est utilisé pour décrire la purification du corps, des vêtements, des ustensiles et des maisons. La pensée est claire : tout doit être purifié pour être propre. Dans le Nouveau Testament le mot grec est employé pour la purification de nos péchés par le sang de Jésus.

 

La 1ère épître de Jean nous enseigne : « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus nous purifie de tous péché ».

 

Lorsque nous confessons nos péchés, nous sommes plus qu’excusés, nous sommes débarrassés de notre péché, purifié de sa souillure comme le lépreux dont la peau est purifiée et qui retrouve une peau normale et saine.

 

Quand Dieu pardonne nous sommes entièrement purifiés, Dieu ne peut et ne veut avoir de communion avec un être souillé.

 

  1. Pardonner = Justifier

 

En grec « justifier » (diakioum) signifie : Etre considéré comme innocent. Encore un mot qui est directement en rapport avec le pardon. La justification définit la nouvelle position de l’homme par rapport à Dieu. C’est donc un changement de ses relations avec lui. Selon le langage des écritures, cela veut dire être légalement déclaré innocent ou juste (Romains 3:26)

 

La justification ne concerne pas directement le caractère ou la conduite d’une personne, mais seulement sa culpabilité et sa condamnation.

 

Quand Dieu pardonne, nous pensons aussi à notre position légale devant lui. Il n’y a plus rien dans la loi qui puisse nous condamner, car Christ à accompli la loi et il est devenu notre justice (2 Corinthiens 5:21) Nous avons été justifiés, déclarés innocents par le sacrifice de Jésus-Christ. Désormais nous pouvons nous présenter devant Dieu comme Jésus se présente devant son Père, sans aucun sentiment de culpabilité, d’infériorité et de crainte (Romains 8:1)

 

  1. Pardonner = Naître de nouveau

 

En grec cette « naissance » (genneo) signifie : Engendrer, régénérer. La nouvelle naissance est une autre expression biblique étroitement liée avec le pardon. Elle est plus spécialement employée dans l’évangile de Jean et dans la 1ère épître de Pierre. En parlant à Nicodème, Jésus dit : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3:3).

 

Devant la perplexité de Nicodème, Jésus souligne cet impératif : « Il faut naître de nouveau, naître de l’Esprit » (Jean 3:6-7) Pierre répète ces mêmes paroles aux premiers chrétiens, « vous avez été régénéré (voici le mot grec) non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu » (1 Pierre 1:23).

 

Incorruptible = inaltérable, intègre, honnête.

 

L’image est frappante. Le péché nous a tellement défigurés, déformés, faussés et pervertis, qu’un pardon superficiel aurait été insuffisant. Nous avions à recommencer à zéro. Nous avions besoin d’être régénérés, d’avoir la conscience libérée de toute culpabilité. Quand Dieu pardonne, il fait de nous une nouvelle créature, les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles (2 Corinthiens 5:17)

 

  1. Pardonner = Réconcilier

 

En grec « réconcilier » (Katallasso) signifie : Rétablir les relations entre l’homme et Dieu.

 

Initialement, cette expression était utilisée pour échanger de l’argent, et plus tard, pour changer l’hostilité en amitié (Romains 5 : 10) C’est l’homme et non Dieu qui avait besoin d’être réconcilié. Le péché n’a jamais atténué l’amour de Dieu ou changé cet amour en haine. Ce n’était pas Dieu qui avait besoin d’être apaisé, mais l’homme qui avait besoin de passer de l’état de rébellion à un état de repentance afin de recevoir l ‘amour de Dieu (2 Corinthiens 5:18-19)

 

Quand Dieu pardonne, son but est avant tout de rétablir la communion rompue par le péché de l’homme.

 

Il n’a pas envoyé son fils Jésus dans ce monde uniquement pour sauver l’homme de l’enfer et de la condamnation éternelle, mais aussi pour le réconcilier avec lui, c’est-à-dire faire de son ennemi son ami. L’homme retrouve ainsi la relation d ‘amour avec Dieu qu’Adam possédait dans le jardin d’Eden.

 

La vérité primordiale se dégageant de ces différents aspects du mot pardon est que Dieu veut et désire ardemment pardonner, c’est l’expression la plus naturelle de son amour.

 

Nul n’a besoin de quémander le pardon de Dieu, car sa nature même est de pardonner. Mais ce pardon ne peut être accordé à moins qu’il n’y ait une sincère repentance de notre part. Cette repentance n’est pas un simple regret de nos péchés. En grec « se repentir » signifie : changer de façon de penser et de vivre.

 

(Esaïe 55:7) « Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées qu’il retourne à l’Eternel qui aura pitié de lui ».

 

Le pardon, ce n’est pas l’excuse.

 

Quelquefois également, nous confondons le pardon avec le fait de nous excuser devant la personne que nous avons offensée, ou le fait de l’excuser. C’est une erreur.

 

Celui qui s’excuse se justifie, il cherche et trouve les causes et les raisons de son mauvais comportement ; il se fait l’avocat de lui-même et pense convaincre par des raisons humaines de sa bonne foi ou de son innocence.

 

Celui qui excuse autrui lui trouve également des circonstances atténuantes et, avec générosité, il se fait son avocat devant la communauté.

 

Il peut également se faire son avocat devant Dieu ; le Christ Lui-même a trouvé des excuses pour défendre ses ennemis : « ils ne savent pas ce qu’ils font ». Mais Il a dit : « Pardonne-leur ! » – ce qui est d’un autre registre.

 

Le pardon est absolu. Il ne dépend pas d’une argumentation. Le pardon délie ce qui est impardonnable et sans excuse. Le Christ a donc fait les deux. Mais Il ne s’est pas excusé, Il ne s’est pas justifié, Il ne s’est pas défendu.

 

Un des obstacles majeur à l’épanouissement du chrétien c’est le ressentiment.

 

Ressentiment = fait de se souvenir avec rancune des torts qu’on a subis = rancœur.

 

La bible est très claire à ce sujet, elle nous révèle que pardonner n’est pas un luxe, mais une nécessité. Dieu connaît nos cœurs, nos difficultés dans ce domaine, c’est pourquoi il veut nous aider à expérimenter la puissance libératrice du pardon.

 

Le pardon est réellement la clef de nos relations avec Dieu et les hommes.

 

L’esprit de pardon peut opérer des miracles, briser les cœurs les plus durs, rétablir des foyers désunis et changer les situations les plus désespérées. Si nous commencions à saisir ce privilège de pardonner, comme Dieu nous a pardonné en Christ, alors une action tellement puissante du Saint-Esprit se produirait qu’une multitude de vies seraient libérées, des frères et sœurs seraient réconciliés, des corps seraient guéris, des âmes seraient sauvées.

 

L’Eglise retrouverait son premier amour et le Seigneur serait glorifié.

 

Quatre «non» au pardon

 

Accepter de recevoir le pardon est souvent difficile. Quatre types de personnes paraissent «imperméables» au pardon.

 

- Ceux qui se croient impardonnables. «C'est tellement énorme, ce que j'ai fait, que jamais on ne pourra me pardonner.»

 

- Ceux qui ne croient pas à la gratuité de l'amour. Ils admettent en principe la possibilité d'un amour inconditionnel, mais n'y croient pas en pratique. Ils sont convaincus que rien n'est gratuit, que tout doit se payer un jour ou l'autre, y compris le pardon.

 

Ces personnes ont souvent eu des parents qui ne leur manifestaient jamais un amour gratuit. Ils n'étaient aimés qu'en récompense des notes élevées obtenues à l'école, de leur bonne conduite, ou des services qu'ils rendaient.

 

- Ceux qui ne sentent pas le besoin du pardon. Ils semblent ne ressentir aucune culpabilité individuelle ou sociale et vivent dans une sorte de vide moral et spirituel. Certains penseurs vont jusqu'à prétendre que ce manque de sensibilité morale serait la cause d'un grand nombre de suicides chez les jeunes.

 

- Ceux qui rejettent la culpabilité comme une lacune psychologique. Certaines écoles de psychologie considèrent le sentiment de culpabilité et le besoin de pardon comme un manque de maturité et d'autonomie. On confond ici le sentiment obsessionnel et maladif de culpabilité avec celui d'une saine culpabilité.

 

Alors que le sentiment névrotique de culpabilité tyrannise l'individu et l'écrase, le sentiment sain et normal de culpabilité l'alerte sur ce qu'il est en vérité : un être limité et faillible. Ce regard de vérité sur lui est libérateur.

 

Vous êtes libre !

 

Beaucoup de chrétiens vivent dans la crainte et luttent pour chercher à survivre, alors qu’ils pourraient jouir des bienfaits de la paix.

 

Ils sont encore en guerre contre des sentiments de condamnation, d’indignité  et de crainte, alors qu’ils sont libres. La croix de Jésus est la déclaration de notre libération. La guerre est donc terminée entre Dieu et nous. Il a fait la paix avec nous par le sang de Jésus (Colossiens 1:20)

 

Dieu nous demande de croire que nous sommes pardonnés, mais aussi de nous pardonner nous-mêmes. Vous êtes donc libre ; croyez-le et sortez de votre prison !

 

L’exemple de l’apôtre Paul : Le Seigneur lui a beaucoup pardonné, et lui-même a dû apprendre à se pardonner. Sil n’avait pas appris une fois pour toutes cette leçon, il aurait pu avoir le sentiment, chaque fois qu’il était persécuté, ou rejeté, d’être puni par Dieu pour tout ce qu’il avait fait aux chrétiens avant sa conversion. Et tous ses écrits auraient été imprégnés du sentiment paralysant de la pitié de soi et de la culpabilité.

 

Mais Paul a appris à vivre comme un homme réellement et entièrement pardonné.

 

Il écrit dans 1 Corinthiens 15:9-10 : « Car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine ».

 

1 Timothée 1:16 « J’ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fasse voir en moi le premier toute sa patience pour que je serve d’exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle ».

 

Paul nous exhorte donc à suivre son exemple et à nous réjouir de notre plein pardon : « Il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ». (Romains 8 :1).

 

La culpabilité est une force destructrice qui nous paralyse. Satan ne peut pas nous empêcher de nous pardonner nous même. Son but est de nous empêcher de jouir pleinement de notre salut et de pouvoir être utilisés par Dieu.

 

En conclusion nous devrions faire notre ce conseil de Saint François à son disciple :
« Tu es accablé de soucis qui s'acharnent à étouffer en toi l'amour du Seigneur ?
Toutes sortes de gens qui t'importunent t'empêchent d'aimer Dieu ?
Eh bien ! Même si, par-dessus le marché, tu recevais encore des coups, tu devrais tenir tout cela pour une grâce. Accepte volontairement ta situation telle qu'elle est ; aime ceux qui te causent ces ennuis ; n'attends rien des autres en retour de ton affection [...]. Cela sera plus méritoire pour toi que la vie d'ermite.
On reconnaîtra que tu aimes le Seigneur si n'importe qui au monde, après avoir péché contre toi autant qu'il est possible de pécher, peut rencontrer ton regard, demander ton pardon, et te quitter pardonné. S'il ne demande pas son pardon demande-lui, toi, s'il veut être pardonné. Et si mille fois ensuite il se présente devant toi, aime-le toujours davantage ».

 

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