Deutéronome 9 – 3 Sache aujourd'hui que l'Eternel, ton Dieu, marchera lui-même devant toi comme un feu dévorant, c'est lui qui les détruira, qui les humiliera devant toi; et tu les chasseras, tu les feras périr promptement, comme l'Eternel te l'a dit.

Deutéronome 30 – 9 à 11 L'Eternel, ton Dieu, te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail de tes mains, le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol; car l'Eternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur, comme il prenait plaisir à celui de tes pères, lorsque tu obéiras à la voix de l'Eternel, ton Dieu, en observant ses commandements et ses ordres écrits dans ce livre de la loi, lorsque tu reviendras à l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme.

Ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée.

Deutéronome 30 – 15 à 20 Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Eternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession.  Mais si ton cœur se détourne, si tu n'obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir,je vous déclare aujourd'hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,pour aimer l'Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l'Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

Marc 3 – 1 à 6 Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche.Ils observaient Jésus, pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat: c'était afin de pouvoir l'accuser.Et Jésus dit à l'homme qui avait la main sèche: Lève-toi, là au milieu.Puis il leur dit: Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer? Mais ils gardèrent le silence.Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme: Etends ta main. Il l'étendit, et sa main fut guérie.Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.

Choisis la vie afin que tu vives, toi, et toute ta postérité.

Qui ne choisirai pas, face à une telle interrogation, la vie ? Demandez à un malade incurable, un condamné à mort, un accidenté de la route ou de la vie etc.

Tout le monde choisit la vie, mais quelle vie ?

J’ai toujours été surpris, intrigué, perplexe devant la cruauté, la bestialité, la bêtise de l’homme. Comme disait EINSTEIN : « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue ».

Regardez les tortionnaires SS durant la seconde guerre mondiale. A titre d’exemple prenez le commandant d’Auschwitz, Rudolf HÖSS.

Né le25 novembre 1900 à Baden-Baden (Allemagne) exécuté le 16 avril 1947 à Auschwitz il était officier (Obersturmbannführer) de la SS et occupa une fonction de premier plan dans legénocide des Juifs.

Et pourtant, issu d'une famille profondément catholique et aisée, il passe sa jeunesse dans une région isolée, voisine de Baden-Baden, en lisière de la Forêt-Noire, au contact de la nature et, adolescent, après avoir déménagé dans la région de Mannheim – toujours en campagne – il se destine à une carrière ecclésiastique.

Il se défini lui-même comme étant d’une profonde piété, très solitaire et« n'ayant jamais eu de réelle intimité avec ses parents, ni avec ses sœurs ». Son enfance se déroule sans problèmes de santé, à part une rougeole qu'il a eue très tôt ; son parcours scolaire est certes limité mais sans faits marquants.

Alors que s’est-il passé pour qu’il devienne ce bourreau froid et méthodique, estimant le nombre de victimes sous sa « gestion » à 2 500 000 personnes.

Il obéissait aux ordres, sa conscience était éteinte au profit de la rigueur, de la discipline, de l’autorité. Inconsciemment il avait choisi la mort croyant vivre la vie, quelle dramatique erreur !

Oui, quelle vie choisir ? Celle du monde ou celle voulue par Dieu ?

Dieu nous laisse-t-il le choix, nous donne-t-il un modèle, un chemin à suivre ?

Que s’est-il passé avec Moïse et les Hébreux ? Revenons à notre texte.

Il s’agit là du testament de Moïse. Il a achevé son rôle : les hébreux ont été libérés des griffes du pharaon par la force de Dieu, ils ont vu de leurs yeux sa puissance et son autorité, ils ont vu la concrétisation dans le désert de sa promesse : tu ne manqueras de rien car je serai à tes cotés. Ils ont pu réfléchir sur le juste rapport avec Dieu, avec leur prochain et avec leur propre désir avec les tables de la Loi. Ils ont appris à rendre un culte à Dieu afin de travailler à bien s’ajuster à lui. Les hébreux ont ainsi fait du chemin à la suite de Moïse.

Mais maintenant, ils tournent en rond. Moïse est bien incapable de les mener dans la Terre Promise elle-même. Il ne peut que monter sur la montagne et la voir de loin.

Et ils vont se révolter contre Moïse, contre Dieu : tout ce que tu nous a donné est oublié et puis c’est normal et on veut plus, toujours plus. Tes promesses, si on y croit, c’est pour tout de suite, maintenant, à quoi bon attendre ?

 L’Egypte – le monde – savait tenir ses promesses, certes sous le fouet et l’esclavage mais cela est déjà oublié pour ne retenir que les rares moments de repos, les quelques instants de détente avant le retour aux champs sous le soleil qui vous cuit la peau, le fouet qui claque…mais qui s’en souci ? Que l’Egypte est belle au soleil couchant sur les berges du Nil !.

Et toi, où en es-tu dans ta vie ? les promesses de Dieu sont-elles déjà du passé, tes soucis et tes problèmes, ne peut-il les résoudre et du passé en as-tu tiré tous les enseignements ou bien as-tu gommé tout ce qui te faisait mal, tout ce que tu n’ose pas avouer, tout ce qui t’a fait trébucher pour ne retenir que l’ivresse du moment qui passe, ce bref instant de relative tranquillité, cet éphémère moment de quiétude avant de sombrer à nouveau dans le regret, la tristesse, la mélancolie, la peur, l’angoisse et, pour finir, le dégoût ?

L’Église est comme Moïse, elle peut décrire le Royaume, en parler savamment. Elle peut stimuler notre recherche théologique et éthique, elle peut nourrir notre cheminement jusqu’à un certain point. Mais si l’on en reste-là on tourne en rond comme dans un désert. Il faut autre chose pour entrer dans la vie.

Quelque chose qui n’est plus seulement une parole extérieure mais au contraire une parole qui nous est intérieure

«C’est une parole proche de toi, une parole intense, chaude comme la braise, une parole qui est dans ta bouche et dans ton cœur afin de se réaliser.»  eutéronome 30 – 14.

Moïse ne dit pas que cette parole est dans notre livre, dans nos prophètes, dans nos églises, dans nos fêtes et dans nos cultes.

Nous avons besoin, tu as besoin de cette Parole de vie qui te sera donnée personnellement, cette Parole que tu es en droit de Lui demander non comme une supplique craintive mais comme un questionnement viril pour adhérer - du latin adhaerere « être fixé » - au projet de vie qu’il a pour toi.

Car Il a un projet de vie pour chacun d’entre nous, un projet personnel, à nul autre pareil mais ayant la même spécificité : ton épanouissement pour faire de toi ce collaborateur, ce bâtisseur de son projet.

 Jérémie 29 – 11 à 13 : « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance.Vous m'invoquerez, et vous partirez; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur ».

Moïse annonce ici la fin de la peur de Dieu qui, quoi qu’il se passe «ne t’abandonnera pas, ne te délaissera même pas»

Dieu n’est plus compris comme source de punition, mais au contraire comme cherchant à nous avertir des conséquences du mal et de nous en préserver.

Choisis la vie …mais pour cela tourne-toi vers Lui et pose Lui cette question, ta question personnelle, essentielle, vitale : Quelle vie, quel projet as-tu pour moi ? Car ton plan pour ma vie est à nul autre pareil car je suis unique à tes yeux et ma vie l’est tout autant.

Choisir la vie, c’est Le choisir et travailler avec Lui pour la réalisation du projet qu’Il a conçu pour toi de toute éternité : projet de paix et non de malheur !!.

 Cette théologie libératrice est encore infiniment plus claire après le Christ.

« Ma Parole est la vérité et la vérité vous rendra libre » nous déclare Jésus dans Jean 8 – 31 à 32 

Mais comme pour les hébreux, s’il n’y a pas cette dernière Parole de braise, cette parole de feu, cette parole tout simplement de Dieu pour toi, alors tu resteras avec ta belle liberté à tourner en rond dans le désert à regarder de loin la vie promise.

Sans cette Parole créatrice, cette Parole faite d’espérance et de vie abondante mieux valait alors pour les hébreux d’être restés en Égypte, ils y seraient mieux car le projet de Dieu demande compréhension, acceptation puis confiance et marche en avant, ne regardant pas en arrière de peur d’être transformé en statue de sel mais le regard fixé sur le but à atteindre en association avec le concepteur du projet, Dieu Lui-même !.

Si nous n’avons pas cette parole de braise qui permet effectivement de choisir et de s’avancer dans la vie promise, mieux vaudrait ne pas avoir été libéré et être encore dans la peur du jugement de Dieu.

Comme le bouddhiste qui craint une réincarnation défavorable, comme le juif et le musulman craignent que leur bilan de bons et de mauvais points les envoie en enfer.

Mais il y a pas mal de chrétiens aussi qui sont restés soumis à cette menace du jugement de Dieu s’ils ne croient pas ou ne font pas bien comme il faut, c’est à dire comme leur dit leur église.

Leur liberté n’est plus qu’une illusion trompeuse sous le vernis de la religiosité : fais comme ceci ou comme cela…pourquoi ? Parce que l’on te l’a toujours appris, qu’il n’y a pas lieu à contestation ou, plus simplement, à réflexion.

Et puis, c’est un confort tranquille : dormez en paix braves gens, la religion s’occupe de tout, même de vos échecs dans cette vie et, beaucoup plus grave, dans celle de la vie à venir.

Nous restons alors dans notre désert, bien libérés de tout, montant joyeusement sur notre petite montagne pour regarder la vie de haut et disserter des promesses de Dieu pour mieux tourner en rond, sans entrer dans la vraie vie, la vie vivante.

Est-ce que notre vie est changée par notre foi ? Est-ce qu’elle nous fait choisir la vie qui ose traverser le Jourdain et se frotter à Jéricho ?

Est-ce que tu as réalisé que le Seigneur dans son projet pour toi te veut debout, en marche, volontaire, libre de discuter, d’échanger avec Lui, de construire jour après jour cette vie nouvelle où la solitude y sera bannie, où, même dans la tempête, si ton bras faiblit, si ton moral est en berne, si tu ne sais plus bien discerner le port, Lui prendra la barre, calmera le vent et les flots mais te restituera ta place sitôt l’embellie de retour car il veut que se soit toi et toi seul qui atteigne le port parce qu’il t’en a jugé capable.

Oui, avec Dieu tu feras des exploits !

Pour cela, il faut que Moïse s’efface et que vive dans notre bouche et dans notre cœur la parole de braise.

Et pouvoir vivre alors personnellement cette Parole : «tu peux choisir par toi-même» tu n’as besoin de personne pour aller chercher la solution, tu as déjà tout ce qu’il faut pour choisir et je sais que  «tu choisiras la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, toi et ce que tu auras semé dans ta vie.».

A travers Moïse nous sentons les limites de notre courte vie humaine, tout au plus de 110 ans, les limites aussi de la religion et de la parole externe de la Bible, les limites de la solidarité d’un peuple marchant ensemble. Tout cela doit laisser place à la parole de braise qui permet de choisir la vie.

Tu as tout à portée de main, nous dit Moïse, d’expérience : la parole de braise est dans ta bouche et dans ton cœur.

Beaucoup en ont fait l’expérience et savent de quoi parle ici Moïse, de quoi parle l’histoire d’Abraham mis en route.

D’autres personnes pensent ne pas en avoir fait l’expérience. Cela se travaille, peut-être comme Moïse faut-il monter sur la montagne, entrevoir la brièveté et la fragilité des choses et des êtres en ce monde ? Voir notre incapacité à avancer avec nos seules forces ? Voir de loin ce que devrait être la vie en plénitude, et chercher au plus profond de soi quelque chose de plus grand que nous qui fait écho à cet ultime ? Aller ainsi, au cœur de son être là où existe une parole qui dépasse toute parole. Et la ruminer dès qu’on en trouve une première miette...

C’est ce que conseille Jésus à l’homme à la main sèche, en citant ce passage du Deutéronome que nous venons de lire et qui permet de choisir la vie : «Lève-toi, là au milieu»disent nos traductions.

Mais on pourrait tout autant traduire : «ressuscite au cœur de toi-même», mets toi debout, tu n’es pas un serpent pour ne manger que la poussière du sol, tu n’es plus tout à fait un bébé pour ramper à quatre pattes au ras du sol.

Il y a au milieu de toi, en toi, dans ta bouche et dans ton cœur une parole de braise qui te ressuscite, qui te met debout, et bientôt en marche.

Choisis la vie et prend la bénédiction, réveille-toi, lève-toi, prend courage « car j’ai vaincu le monde » nous dit Christ.

Tu en es capable car Il a mis en toi ce grand projet : Il veut que tu vives et que tu vives en abondance, secouant la poussière du handicap, de la maladie, de la peur, du stress, du manque de confiance, de l’incrédulité, du dégoût de la vie et de toi-même, de tes peurs et de tes pleurs, de tes fanfaronnades, de tes pulsions, oui Il veut que tu brises tes chaînes et que tu ressuscites en Lui !

Souvenez-vous du récit des disciples de Jésus qui s’éloignent tout déçus de la mort de leur espérance, et qui ayant cheminé, reconnaissent enfin le Christ et disent :

 «notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait la Bible, se dressant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem et ils trouvèrent les autres» Luc 24 – 32 à 33.

Ils marchaient dans le mauvais sens, loin de la foi, de l’espérance et de l’amour des autres, loin de la vie et de leur vie.

Quelque chose de l’ordre d’une parole brûlante dans leur cœur, donnant vie à ces écritures anciennes qu’est la Bible, c’est cette parole de braise qui va leur permettre de ressusciter, de se mettre debout, de retourner. Ils choisissent la vie, naturellement, joyeusement, ils choisissent de retourner pour réparer la vie.

Ce verbe « retourner » est un des verbes essentiels de la bible car il évoque la repentance, et il est présent dix fois dans ce discours de Moïse dont nous avons lu un extrait.

Il n’est pas toujours facile de voir clair dans la vie, et encore moins en soi-même. Parce qu’en réalité nous savons bien que nous sommes très limités, comme Moïse le remarque. Tant qu’il n’y a pas cette parole qui ressuscite, nous pensons n’avoir le choix qu’entre le désespoir et la lutte puérile pour se hausser le cou, peut-être par un trop plein d’activités, peut-être aussi en écrasant les autres autour de soi, peut-être en se durcissant dans ses certitudes et sa propre fierté, comme dans une forteresse.

Choisir la vie, ce n’est pas cela. Évidemment.

Mais il y a une parole, la parole de braise, qui ouvre à la vie et à réparer la vie.

Ce n’est pas une Parole qui nous parle de Dieu, mais une parole qui est Dieu travaillant en nous, directement. Une parole qui n’est plus un blabla ronflant de belles pensées dialectiques et de citations comme sait nous en proposer fort bien Google si on lui demande ce que c’est que la vie.

Mais entrer en soi-même et reconnaître ou se souvenir de ce quelque chose comme une présence chaleureuse qui nous semble être Dieu.

Ce quelque chose alors brûle et nous fait ouvrir les yeux sur tout ce que nous avons dit, tout ce que nous avons fait, pensant être dans notre bon droit, dans le bien, dans l’utile. Pleurer sur ce que l’on a subi et fait subir, ce quelque chose qui brûle dans le cœur peut faire quelque chose de bon même de tout cela. Et il nous donne d’être émerveillé par la vie et tout ce qui est bon, et le choisir enfin.

Comme le « fils prodigue » de la parabole de Jésus qui rentre en lui-même, commence à comprendre, revient vers son Père, son Père pouvant alors courir à lui et le prendre dans ses bras et se réjouir. Le fils avait cru d’abord «choisir la vie», superficiellement. Perdu, rentrant en lui-même il a retrouvé un sentiment, un cœur, une Parole qui l’a mis debout et qui lui a fait choisir la vie dans son désespoir, qui l’a rendu capable de dire, d’abord en lui-même puis explicitement ce qui n’allait pas. Et vivre.

Cette parole de braise est là, nous dit Moïse, tout près de nous, elle est dans notre bouche et dans notre cœur. Elle est dans notre bouche pour nous nourrir, la bouche sert d’abord à cela, avant même que nous apprenions à parler. S’il y avait une seule chose d’utile dans la Bible, le culte et la théologie, c’est de nous dire que la prière est possible. Il n’est pas même besoin d’avoir senti Dieu pour prier.

Au contraire, c’est quand on ne sent pas en nous cette parole de braise qu’il convient de chercher Dieu et donc de prier. Moïse ne nous dit pas de trouver Dieu, mais de l’aimer.

On peut déjà prier en espérant Dieu, en espérant la foi. On peut déjà commencer à entrer en soi-même, c’est déjà aller vers Dieu, puisqu’il est là aussi, au cœur. La suite viendra : la parole ardente qui commence à nous relever, qui nous permet de franchir des premiers petits Jourdain, et de commencer à choisir de lutter pour la vie.

Car la vie est un combat. La vie ne va jamais de soi. C’est ce que nous apprennent le ciel et la terre, que Moïse prend à témoin. Scientifiquement, nous savons que le temps va dans le sens de l’érosion, du chaos croissant.

La vie est donc un miracle. Et choisir la vie, délibérément, permet de convertir le temps, de le faire travailler dans le sens de la vie, du bonheur et de la bénédiction.

Le faire travailler dans le sens de Dieu, nous faisant revenir de nos exils et marcher dans la vie.

« Choisir la vie » est donc un acte de foi. C’est la foi elle-même car Dieu est la vie et même la source de la vie. Mais la question est de choisir ce que l’on entend par la vie, c’est à dire quel Dieu on adore. C’est pourquoi Moïse précise en parlant du bien, de la bénédiction, de la vie qui fait vivre.

Pour le reste, Moïse ne nous demande pas d’être plus forts que toutes les négativités. Nous ne sommes pas des guerriers invincibles. Mais il dit que nous sommes capables de «choisir la vie» et de laisser travailler en nous cette parole de braise qui aide à la conversion du temps, à la conversion de notre vie, à la conversion de notre souffrance en compétence pour mieux aimer.

Comme nous l’avons vu en préliminaire :

Choisis la vie …mais pour cela tourne-toi vers Lui et pose Lui cette question, ta question personnelle, essentielle, vitale : Quelle vie, quel projet as-tu pour moi ? Car ton plan pour ma vie est à nul autre pareil car je suis unique à tes yeux et ma vie l’est tout autant.  Amen.

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