Jean 18 versets 33 à 40.

 

« Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs? Jésus répondit: Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi? Pilate répondit: Moi, suis-je Juif? Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi: qu'as-tu fait? Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas. Pilate lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit: Qu'est-ce que la vérité? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c'est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? Alors de nouveau tous s'écrièrent: Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand ».

 

Un journaliste a débuté son Journal Télévisé par cette phrase : «  Le monde a soif de Vérité ».

 

Les tribunaux Français font jurer les témoins, victimes et prévenus par cette phrase : « Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ».

 

Mais le grand Pascal a écrit : « Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà », signifiant par là la toute relativité de la vérité.

 

Saint Augustin le disait : « Les hommes aiment la vérité quand elle s'annonce, et ils la détestent quand elle les dénonce ».

 

Alors, qu’est-ce que la Vérité ?

 

Sur le plan moral et spirituel nous vivons dans un monde où la lumière de la vérité est tellement mêlée à l’obscurité de l’erreur que, pour ne citer que Paul : « on appelle Mal ce qui est Bien et Bien ce qui est Mal ».

 

Notre monde occidental est tellement plongé dans la pénombre spirituelle qu’il ne se pose même plus la question fameuse de Ponce Pilate : " Qu’est-ce que la Vérité ? "

 

N’est vérité pour l’homme moderne que ce qui plaît à son cœur ou le justifie dans ces actions.

 

Pour qu’une chose soit acceptée aujourd’hui il ne faut plus nécessairement qu’elle soit vraie ; elle conviendra d’autant mieux qu’elle sera facile et qu’elle n’entrera pas en conflit avec notre manière de voir ou de faire. D’où des phrases nébuleuses comme :

 

Toutes les religions sont bonnes pourvu qu’on y croie. Ou : Il n’y a qu’un Dieu et il est le même pour tous. Certains iront jusqu’à dire : La vérité ne m’est vérité que lorsqu’elle sert mes intérêts !

 

Revenons à notre texte.

 

Comment le comprendre, l’interpréter ?

 

D'abord il faut noter que la question – Qu’est-ce que la Vérité - naît d'une réponse.

 

Pilate ne demande : « Qu'est-ce que la vérité ? » qu'à cause de la façon dont Jésus répond à sa question : « Es-tu roi ? » Pilate s'intéresse au pouvoir. Sa logique est celle de la puissance dans l'efficacité. Pour lui, la royauté, c'est l'efficience.

 

Mais Jésus lui révèle une autre équation : « Je suis roi, et être roi, c'est rendre témoignage à la vérité ». Quoi, ce pauvre gars à moitié nu, fils de charpentier, halluciné du désert, risée de la synagogue, avec sa barbe à demi arrachée de blasphémateur, lui, un roi ? Comment la royauté serait-elle dans la vulnérabilité d'un tel témoin, et non pas dans la puissance de l'empereur ?

 

On peut comprendre la stupéfaction de Pilate : « Qu'est-ce que c'est que cette Vérité dont le témoignage peut sacrer roi le pauvre innocent que tu es ? Quelle est-elle pour être plus forte que la force et prétendre se manifester dans ta faiblesse ? »

 

Autre remarque importante. Dans la suite de sa réponse à la question : « Es-tu roi ? » et donc juste avant que n'arrive la question : « Qu'est-ce que la vérité ? », le Christ opère un complet renversement des valeurs. En effet, on s'attendrait à ce qu'il dise : Quiconque écoute ma voix est de la vérité. Mais Jésus dit l'inverse : Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

 

Cela signifie, d'une part, qu'on peut entendre les commandements de Dieu, et même leur obéir, sans être de la vérité, et donc sans écouter la voix de Jésus. C'est le cas des démons. Les démons peuvent dire la vérité, comme à Capharnaüm : Je sais, toi, qui tu es : le Saint de Dieu (Marc 1,24). Et ils peuvent aussi obéir à Dieu, quand ils s'enfuient sur son ordre : « Tais-toi, et sors de cet homme » ! Marc 1 verset25.

 

Cependant, même si leur phrase est véridique, elle ne vient pas de la vérité, mais de l'arrogance, de l'orgueil.

 

Et, même si leur obéissance est prompte, elle ne vient pas de l'amour, mais de la soumission au plus fort. Ils se soumettent à l'ordre, ils n'écoutent pas une voix.

 

Dernière remarque : Alors même qu'il a dit venir dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, quand Pilate lui demande : « Qu'est-ce que la vérité ? », Jésus ne répond pas. C'était pourtant le moment. L'occasion rêvée de donner son témoignage, de porter la Parole !.

 

De même qu'il pouvait convoquer une légion d'anges pour le défendre, le Christ pouvait annoncer l’Evangile de manière convaincante.

 

Mais il ne répond pas. Pilate sort du prétoire. Et Jésus se laisse emmener comme un agneau à l'abattoir.

 

Le voici qui supporte en silence que le peuple lui préfère un brigand qui s'appelle ironiquement Barabbas, c'est-à-dire Fils du Père.

 

Le voici qui supporte en silence que les soldats le flagellent, lui tressent une couronne d'épines, le revêtent d'une pourpre de dérision.

 

Le voici, enfin, qui ne fait plus rien pour empêcher que ceux qu'il aime le crucifient. Dans l'entretemps, Pilate a eu cette parole Voici l'homme.

 

C'est pour lui un propos banal lancé à la cantonade : « Le v'là, le pauvre type que vous voulez condamner ». Mais ce propos a un autre sens qui lui échappe. C'est une réponse qui n'en a pas l'air à sa question qui n'en était pas une.

 

Qu'est-ce que la vérité ?

 

Voici l'homme.

 

Tout se joue là, dans le passage d'une question abstraite à une présence concrète, dans le retournement d'une solution théorique à un appel de chair et de sang.

 

Le Christ n'a pas de réponse, parce qu'il est lui-même la réponse.

 

Où trouver la vérité demandera malgré tout quelqu’un ?

 

Beaucoup de jeunes vont jusqu’à Katmandou pour la trouver, mais comment y arriver au pays où il y a trente trois millions de dieux ? Il y a un engouement pour l’orientalisme ces derniers temps, mais Bouddha à la fin de sa vie disait :

 

« Je cherche encore la vérité », ce qui veut bien dire qu’il ne l’était pas.

 

La Vérité n’est pas une sorte d’héritage qui nous viendrait de nos parents et que nous posséderions de droit à la naissance.

 

Ma cousine – se disant Bouddhiste – me disait : « La vérité est en nous, il nous faut la découvrir ».

 

Hélas nous cherchons et chercherons toute notre vie sans la trouver si :

 

Notre soif de LA VERITE et non de vérité est superficielle, passagère, sans réelle

 

motivation, sans racines profondes.

 

Nous ne nous adressons pas à la bonne personne.

 

Rappelons-nous l’enseignement de Jacques « notre frère Quimpérois » sur le péché et l’iniquité  au psaume 51:

 

"Ô Dieu…je reconnais mes transgressions, mon péché est constamment devant moi…tu veux que la vérité soit au fond du cœur mais…voici, je suis né dans l’iniquité et ma mère m’a conçu dans le péché ".

 

Or, là où est le péché, là est l’erreur. Et l’erreur n’engendre jamais la vérité.

 

C’est ce que dit à sa façon l’épître aux Romains 1 : 18 et 25 " La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété des hommes qui retiennent injustement la vérité captive ".

 

C’est là tout autre chose que d’être détenteur de la vérité, c’est au contraire la retenir captive injustement, c’est lui préférer l’erreur. Cela veut dire concrètement qu’il nous est arrivé de savoir qu’une chose était fausse mais nous l’avons préférée à la vérité parce qu’elle nous convenait mieux.

 

Nous avons fait taire notre conscience lorsqu’elle protestait contre une atteinte à ce que nous savions être la vérité.

 

Et nous avons ainsi tout doucement pris l’habitude de substituer l’erreur à la vérité, le péché à la sainteté, la souillure à la pureté, nous-mêmes à Dieu et nous en sommes arrivés à cet état extrême décrit dans l’épître aux Romains : nous avons honoré la créature, en l’occurrence nous-mêmes, plutôt que Dieu, nos pensées plutôt que celles de Dieu, nos droits plutôt que ceux de Dieu.

 

A force de se croire eux-mêmes, les hommes, même parfois des hommes d’Eglise, sont arrivés dans le domaine spirituel ou religieux aux déviances les plus dangereuses.

 

Et en cela, consciemment ou non ils servaient et servent toujours Satan qui, comme indiqué en 2 Cor. 11 :14 nous indique « qu’il se déguise en ange de lumière » ; il est maître dans l’art de camoufler ses erreurs et de les faire passer pour des vérités.

 

Comment distinguer le vrai du faux ?

 

I. Les miracles.

 

Les miracles sont pour certains le seul critère de vérité. Là où est le miracle, là est la vérité ! En sommes-nous si sûrs ? Car si la vérité se découvre dans les miracles, la question se pose: Oui, mais quels miracles, les vrais ou les faux ?

 

Cela peut choquer mais il faut voir les choses en face. La Bible nous parle des miracles opérés par celui qui se déguise en ange de lumière. En voici un exemple bien connu tiré de La Parole.

 

Quand, dans le livre de l’Exode, Moïse se présenta devant le Pharaon avec la mission de faire sortir le peuple d’Egypte, il crut le convaincre en faisant devant lui un miracle qui devait authentifier sa mission. Il jeta par terre son bâton qui se tortilla et devint un serpent. C’était là l’indiscutable miracle de Dieu. Imperturbable, le Pharaon fit venir ses sages, ses enchanteurs et se magiciens. Il est écrit : " …eux aussi en firent autant par leurs enchantements. Ils jetèrent tous leurs verges et elles devinrent des serpents ".

 

  1. De qui venait le miracle fait par Moïse ? De Dieu.

  2. De qui venait le même miracle fait par les magiciens ? Poser la question c’est donner la réponse.

 

Non, le miracle n’est pas une garantie de vérité. La Bible ne dit-elle pas en 2 Thess.2 :9,10. que l’apparition prochaine de l’Antéchrist, "… se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l’iniquité pour que tous ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés, tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité mais qui ont pris plaisir à l’injustice soient condamnés ".

 

II. Les expériences.

 

D’autres croient que la vérité réside dans les choses qu’ils ont expérimentées, donc pour eux l’expérience serait synonyme de vérité.

 

Dans le livre de Jérémie le prophète, on découvre au chapitre 44 que l’expérience la plus probante peut être en contradiction avec la vérité.

 

A partir du verset 15 on lit ceci : " Tous les hommes qui savaient que leurs femmes offraient de l’encens à d’autres dieux, et toutes les femmes qui se trouvaient là en grand nombre répondirent à Jérémie : Nous ne t’obéirons en rien de ce que tu nous dis au nom de l’Eternel. Nous voulons agir comme l’a déclaré notre bouche, offrir de l’encens à la reine du ciel et lui faire des libations comme l’ont fait nos pères, nos rois et nos chefs. Alors nous avions du pain pour nous rassasier, alors nous étions heureux et nous n’éprouvions pas de malheur. Et depuis que nous avons cessé d’offrir de l’encens à la reine du ciel et de lui faire des libations, nous avons manqué de tout, et nous avons été consumés par l’épée et par la famine ".

 

Ces femmes justifiaient leur pratique religieuse par l’expérience. L’expérience leur avait appris que mieux valait servir et prier cette idole qu’était la reine du ciel que de servir le Dieu vivant et vrai. Cette erreur était devenue leur vérité.

 

La question se pose une nouvelle fois :

 

Où donc trouver la vérité ?

 

Victor Hugo a dit : « Il est un livre qui contient toute la sagesse humaine éclairée par toute la sagesse de Dieu : c’est la Bible ».

 

Dans le domaine du salut, il n’y a qu’une vérité authentique, celle dont l’apôtre Pierre parlait en ces termes: " Sous le ciel il ne nous a été donné aucun autre nom par lequel il nous faille être sauvé ", et c’est le nom de Jésus. Et c’est lui, le porteur de ce nom, qui a dit  :

 

" TA PAROLE EST LA VERITE ". La Vérité est contenue et révélée dans un livre, celui qui est le plus répandu dans le monde : La Bible.

 

Pour nous chrétiens, la vérité n'est pas un concept, elle est d'abord une personne : Jésus Christ.

 

Ce n'est pas une religion qui est la vérité, ce n'est pas le christianisme, c'est encore moins le protestantisme, ou le catholicisme. Ce ne sont pas nos théologies et nos doctrines qui sont la vérité, même si elles nous sont utiles pour penser notre foi, penser notre relation à Dieu et au monde.

 

La vérité n'est pas un concept ou une idée, c'est une personne. Et cela change tout.

 

1) Dire que la vérité est une personne, Cela veut dire qu'on ne peut posséder la vérité, on ne peut pas la maitriser. La Vérité nous échappe toujours. Elle nous est extérieure. Martin Luther écrit dans un de ces commentaires bibliques que cette compréhension des choses « nous arrache à nous mêmes, nous établit hors de nous, pour que nous ne prenions pas appui sur nos forces, notre conscience, nos sens, notre personne, nos expériences, mais pour que nous prenions appui à l'extérieur, sur la promesse et la vérité de Dieu qui ne peuvent tromper. » 1

 

2) La vérité est une personne. La vérité nous est extérieure, mais en même temps, Dieu choisit de s'approcher de nous en vérité, justement sous les traits de cet homme de peu, un homme de rien, un rabbi vagabond, un homme sans peur, un homme vrai. Un homme qui ira jusqu'au bout de la vérité de l'amour.

 

Si nous avions le choix, je ne sais pas si nous choisirions Dieu sous ces traits là. je crois que nous préférerions volontiers une vérité qui s'impose, et un Dieu qui s'impose ! Pour nous chrétiens, Dieu ne s'impose pas, il s'incarne. Nous préférerions un Dieu facile à admirer, un Dieu qui flashe, un Dieu superman. Jésus vient comme le Dieu tout puissant qui s'abaisse et accepte d'aller jusqu'au bout de la violence et du rejet que les humains lui imposeront. Une vérité bien déroutante !

 

3) Dire que la vérité est une personne, cela veut dire enfin que l'on peut entrer en dialogue, en relation avec elle, … avec lui : Jésus. Dans cette relation avec Jésus-vérité de Dieu, nous découvrons qui nous sommes, nous découvrons nos talents, nos aspirations et aussi nos failles, nos blessures.

 

Comme dans une pièce sombre, où se trouve seulement une petite bougie. Si nous sommes loin de la flamme, nous la voyons certes, mais nous ne voyons rien d'autre. Si nous choisissons de nous en approcher, alors nous pouvons nous voir nous même, et voir ceux qui sont autour de nous. C'est ce qui se passe lorsque nous nous approchons de Jésus : nous commençons à nous connaître nous même et nous pouvons voir les autres autour de nous.

 

Dans cette relation avec Jésus, nous percevons que notre identité n'est pas en nous même, elle est à recevoir et en perpétuelle construction.

 

Et si elle est à recevoir, se pose la question…de qui ou de quoi.

 

Les interrogations de qui et de quoi se conjuguent, s’interpénètrent en fait :

 

De qui : de Jésus révélé par le Saint Esprit.

 

De quoi : de la présence même du Saint Esprit qui est appelé « Esprit de Vérité ».

 

Dans la 2e lettre aux Corinthiens, Paul parle de Jésus comme étant le oui de Dieu, celui qui va réaliser, et en qui se réalisent toutes les promesses de Dieu. Ce n'est pas d'abord à moi de dire oui ou non, mais il nous appartient d'accueillir le Oui de Dieu dans notre vie et pour le monde. En Jésus Christ, Dieu dit oui sur ma vie.

 

Attention : ça ne veut pas dire que Dieu dit oui et amen à tout ce que nous faisons, ou à tout ce que nous choisissons d'être.

 

En Jésus Christ, Dieu vient déposer sur ma vie un oui d'amour et de pardon, un oui qui scelle ses promesses pour nous, un oui qui vient nous dire : tu n'es pas abandonné, tu n'es pas là par hasard, tu n'es pas sans but pour ta vie.

 

En conclusion, que nous enseigne le Seigneur ?

 

Le texte qui me semble le plus clair pour définir la vérité dans la pensée de Jésus est celui de l'offrande de la veuve au temple, en Marc 12, 41-43.

 

Il est dit que plusieurs riches mettent beaucoup d'argent dans le tronc. La pauvre veuve, elle, met seulement deux petites pièces. Ce sont les faits, la réalité comptabilisable par les trésoriers du temple.

 

Puis Jésus s'exprime et dit : Amen, je vous le dis. Que veut dire cet amen ? C'est un mot hébreu (de aman = être solide) que l'on peut traduire par : c'est vrai.

 

La plupart des versions françaises traduisent par : en vérité ou c'est la vérité.

 

Jésus s'exprime donc en vérité. Il ne se place pas dans le cadre de la réalité, et il faut prêter une oreille particulièrement attentive chaque fois qu'il dit en vérité, je vous le dis.

 

Jésus parle donc et dit : En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que les riches.

 

Ce n'est pas vrai !! Ou plutôt, devrais-je dire, ce n'est pas réel ! Car il ne faut pas confondre la réalité et la vérité, dans la bouche de Jésus. Pour lui, contrairement à la définition humaine de la vérité, la vérité n'est pas obligatoirement ce qui coïncide avec la réalité.

 

En réalité, les riches ont mis plus que la veuve ;

 

En vérité, la veuve a mis plus que les riches.

 

C'est Jésus qui le dit, et qui donne ainsi une nouvelle définition de la vérité.

 

La vérité, c'est ce que Dieu considère, juge, croit et dit.

 

Et cela, indépendamment de la réalité, des faits.

 

Des choses se passent, puis Dieu parle de ces choses. Et il en donne souvent une autre version

 

Sa vision, Son jugement personnel de cette réalité. Et c'est ce regard, ce jugement, cette parole de Dieu qui est vérité.

 

Seul Dieu énonce la vérité, parce que la vérité n'est pas dépendante des choses, mais de Dieu. Elle est vérité parce que c'est Dieu qui la proclame.

 

Si je dis la même chose que Dieu, ma parole n'est pas la vérité, parce que je ne suis pas Dieu. Si Dieu dit ce que nous considérons comme un mensonge, parce que ça contredit les faits ; où s'il dit aujourd'hui le contraire de ce qu'il a dit hier, il dit cependant la vérité, aujourd'hui comme hier ; car la vérité n'est pas l'énoncé d'un fait mais la révélation d'un Etre, dont la parole est vérité car il est lui-même vérité. C'est pourquoi Jésus dit : Je suis la vérité (Jean 14, 6).

 

Cette définition de la vérité bouleverse totalement la conception que l'être humain a de la religion :

 

L'homme ne peut posséder la vérité, puisque la vérité n'est pas une idée, une doctrine, mais Dieu lui-même.

 

L'homme ne peut posséder la vérité, parce que tous ses moyens de perception et d'analyse sont incapables de pénétrer la pensée de Dieu. Les seules attitudes possibles de l'homme devant la parole de Dieu est de rejeter ou de croire, de faire confiance ou non. Il ne peut juger la parole de Dieu en fonction de sa raison, car ce que Dieu dit n'est ni raisonnable, explicable ou démontrable selon des critères humains. C'est pourquoi le chrétien dit Je crois et non Je sais. Il est question de foi, et non de certitude, de vérité, et non de réalité. Ce qui signifie que la foi ne pose pas de certitude.

 

L’homme ne peut juger la parole de Dieu en fonction de ses émotions, car si Dieu dit, par exemple, que le chrétien est né de nouveau et qu'il est une nouvelle créature, celui-ci doit le croire, même s'il n'a rien ressenti. Vouloir ressentir quelque chose c'est ne pas faire confiance, c'est rester dans le réel et non dans la vérité.

 

Pourquoi nos émotions jugeraient-elles l'action de Dieu ? Nous nous basons trop sur nos émotions, notre raison ou nos observations, et pas assez sur la parole de Dieu.

 

Alors nous nous décourageons quand nous ne ressentons rien ou ne voyons pas de changements immédiats. Je dois faire confiance aux déclarations de Dieu : s'il dit que je suis une nouvelle créature, c'est vrai, même si ma réalité me dit le contraire. C'est ça la foi.

 

Cette différence entre réalité et vérité est surtout décisive en ce qui concerne le salut. Car Dieu nous considère comme justifiés, justes, alors que nous ne le sommes pas dans les faits. C'est là que l'on voit la différence entre notre réalité et la vérité de Dieu.

 

La réalité nous condamne, mais la vérité nous sauve.

 

Si je me regarde, je me vois tel que je suis dans la réalité et je n'ai aucun espoir. C'est pourquoi je ne dois pas me regarder mais laisser Dieu me regarder et me juger. Seul le regard de Dieu est vrai, pas le mien.

 

Par la foi, nous sommes invités à rejeter notre réalité de péché et à croire à la vérité telle que Dieu nous la dit, même si les faits, nos sensations, nos raisonnements, nos jugements et nos expériences nous disent le contraire. C'est par la foi qui rejette l'évidence et croit à l'inconcevable que l'on est sauvé. La vérité, c'est cette foi là.

 

Pourquoi la parole et le jugement de Dieu ne tiennent-ils pas compte de la réalité ?

 

Pourquoi ne juge-t-il pas comme nous ?

 

Parce que Dieu est amour, et parce que tout ce qu'il dit est donc dépendant de son regard d'amour. En d'autres termes, son jugement est fondamentalement subjectif. Cela peut sembler gênant de dire les choses ainsi, parce qu'un jugement subjectif ne nous semble pas juste ; il rend, en effet, plus compte de la personnalité de celui qui juge que des faits. Mais l'Evangile veut nous apprendre que la subjectivité est plus importante que l'objectivité, parce que les personnes sont plus importantes que les choses et les événements.

 

Dieu juge en fonction de lui-même. Il ne raisonne pas, il est amoureux ; or chacun sait que les amoureux ne raisonnent plus.

 

Dieu nous aime, ainsi quand il nous regarde, il nous voit comme il est lui-même, parfait, bon, merveilleux. C'est ce qui nous sauve.

 

De même, nous devons regarder les autres comme Dieu les voit, à son image

 

C'est cela être dans la vérité.

 

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