Luc 6 1à 5 :

 

« Il arriva, un jour de sabbat appelé second-premier, que Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains.

 

Quelques pharisiens leur dirent : Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat ?

 

Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de proposition, en mangea, et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu'il ne soit permis qu'aux sacrificateurs de les manger ?

 

Et il leur dit : Le Fils de l'homme est maître même du sabbat. »

 

Paul ELUARD a pu dire : « Je vois le monde comme je suis et non comme il est ».

 

Nous entrons de plein pied dans le domaine du convenu, du « correctement poli », bref dans la religiosité.

 

Quelques définitions de la religiosité :

 

* Sentiment religieux marqué par le sentiment affectif sans contenu dogmatique ni Foi.

 

* Expression du sentiment religieux marqué par la sensibilité et conduisant à une vague religion personnelle.

 

Revenons à ce fameux jour du Sabbat. Les Pharisiens avaient-ils tort?

 

Après tout dans Exode 25 verset 30 ne lit-on pas :

 

« Tu mettras sur la table les pains de proposition continuellement devant ma face. »

 

En fait ils ne faisaient que se conformer aux prescriptions de la Torah !

 

Ils avaient l’esprit religieux mais ignoraient l’Esprit de Dieu, Esprit qui vivifie et donne la vie. Leur mental était programmé dans un schéma d’obéissance aveugle, de certitudes religieuses, de connaissances livresques sans avoir expérimenté la relation directe avec Dieu !

 

Prenons Mathieu 6 verset 5 et 6 :

 

« Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.

 

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »

 

Que veut dire Jésus ?

 

La religiosité qui est en nous (mais qui peut porter bien d'autres noms) et qui nous pousse à être vu des hommes et à tout faire pour en être en vue (même si nous en refusons l'évidence) est le danger contre lequel nous devons être vigilants. Si nous doutions encore du danger de la perversité de cette œuvre, rappelons-nous que ce sont les chefs religieux (et non les Juifs) qui ont fait condamner Jésus-Christ à la mort sur la croix. Mais rappelons-nous aussi qu'ils furent suivis par une foule de gens qu'ils tenaient sous leur domination et les ont ainsi entraînés dans leur condamnation.

 

C'est probablement dans ce but que Jésus nous enseigne à ne pas suivre l'exemple des religieux de son temps qui ne savent pas trouver le Père. Ils pensent peut-être le trouver en priant à haute voix dans les synagogues, ou bien aux carrefours, mais leur but n'est pas réellement une communion avec Dieu, mais plutôt d'être vus des hommes !

 

C'est afin de nous éviter ce piège dans lequel, avouons-le, il nous est si facile de tomber, que Jésus nous oriente complètement et différemment car Il le sait : la gloire de l'homme ne nourrit pas, elle est trompeuse par-dessus tout.

 

Il n'y a rien de plus nocif pour la vie d'un croyant et d'une Église que la religiosité.

 

En réalité la religiosité est la religion basée sur l'apparence extérieure. Elle est appelée aussi «légalisme».

 

Ce légalisme sera repris dans Matthieu 23:25-28

 

« Malheur à vous, maîtres de la loi et Pharisiens, hypocrites! Vous nettoyez l'extérieur de la coupe et du plat, mais l'intérieur reste rempli du produit de vos vols et de vos mauvais désirs. Pharisien aveugle! Nettoie d'abord l'intérieur de la coupe et alors l'extérieur deviendra également propre. Malheur à vous, maîtres de la loi et Pharisiens, hypocrites! Vous ressemblez à des tombeaux blanchis qui paraissent beaux à l'extérieur mais qui, à l'intérieur, sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture. Vous de même, extérieurement vous donnez à tout le monde l'impression que vous êtes fidèles à Dieu, mais intérieurement vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. »

 

Et le Seigneur ni va pas de main morte ! :

 

Hypocrites, aveugles, malheur à vous, tombeaux blanchis .

 

En fait le légalisme - Respect absolu de la loi, notamment de la loi religieuse; attachement excessif à la lettre de la loi, au détriment de son esprit. On peut même dire qu’il s’agit d’une attitude consistant à faire prévaloir sur toute autre considération le respect de la Loi. – nous entraîne inexorablement dans le jugement.

 

Matthieu 7, 1-5 :

 

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; le jugement que vous portez contre les autres sera porté aussi contre vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Comment vas-tu dire à ton frère : ’Laisse moi retirer la paille de ton œil’, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Esprit faux ! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

 

Cette Parole que l’on trouve dans les évangiles rappelle deux choses fort importantes.

 

D’une part nous sommes souvent bien prompts à critiquer nos frères et sœurs, nos amis et voisins et même à leur faire la leçon.

 

D’autre part, il nous est plus facile de repérer les défauts des autres, même les plus petits, que d’admettre que nous en avons aussi et parfois de plus grands.
Il convient donc, sous peine de tomber sous l’accusation d’hypocrisie, de balayer devant sa porte avant de vouloir le faire devant la porte des autres.

 

Le grand risque c’est d’engendrer une paralysie dans l’encouragement mutuel à progresser car ceux qui nous connaissent bien pourrons toujours nous accuser de ne pas être parfaits.

 

La lucidité sur nos attitudes, notre comportement devrait nous inciter à plus d’humilité car réfléchissons un instant :

 

Notre jugement va entraîner automatiquement une parole de reproche et/ou de condamnation En quoi aurai-je encouragé le frère ou la sœur ?

 

Et cette parole ne va-t-elle pas entraîner en retour soit une rancœur, soit une irritation soit une réponse aussi « énergique » qui à son tour déclenchera les hostilités.

 

En réalité, une vraie lucidité sur nous-mêmes devrait nous conduire à plus d’humilité et à un effort permanent pour progresser. Cette attitude intérieure colorera nécessairement notre parole et nous rendra solidaire des efforts que les autres font de leur côté pour ôter la paille de leur jardin.

 

Alors ce légalisme, cette religiosité, où conduisent-ils ?

 

Lorsque l’on étudie la vie de Jésus, l’on s'aperçoit que les gens avec qui Jésus avait le plus de difficulté étaient les gens religieux. Ceux pour qui l'image ou l'apparence comptait plus que la réalité intérieure.

 

Jésus est reconnu pour sa douceur, mais, avec les religieux de son époque, il était direct dans ses propos. Voici les expressions qu'il employa pour symboliser les religieux de son époque: Race de vipères! Insensé! Hypocrites! Conducteurs aveugles! Sépulcres blanchis!

 

Pourquoi de telles expressions ? Pourtant, les pharisiens étaient fidèles dans les dîmes, ils jeûnaient, et priaient régulièrement, obéissaient à la loi mosaïque, étaient rarement impliqués dans des crimes sexuels ou de violence, ils paraissaient pour des citoyens modèles.

 

Les condamnations féroces faites par Jésus montrent avec quel sérieux Jésus considérait les dangers du légalisme ou d'avoir une belle «image».

 

Regardons ce à quoi mène la religiosité :

 

Les comparaisons

 

Luc 18:9-14

 

Certains croyaient être justes et ils méprisaient tous les autres. Pour eux, Jésus raconte cette histoire:

 

«Deux hommes vont au temple pour prier. L'un est Pharisien, l'autre est employé des impôts. Le Pharisien se met devant. Voici comment il prie dans son cœur: "Mon Dieu, je te remercie parce que je ne suis pas comme les autres. Ils sont voleurs, injustes, adultères. Et je te remercie parce que je ne suis pas comme cet employé des impôts. Je jeûne deux fois par semaine. Je te donne le dixième de tout ce que je gagne."

 

Voilà un bel exemple de religiosité. Mais avant de juger le religieux ici, faisons bien attention, nous pourrions devenir les prochains religieux. Lorsque nous regardons notre société qui se dégrade à vue d'œil, ne serait-ce que par l'acceptation de l'avortement comme un droit, l'homosexualité considérée comme une alternative correcte et un style de vie, l'augmentation de la violence, etc. que faisaient les religieux de l’époque, quel amour avaient-ils pour le pêcheur ? Rappelons-nous la femme adultère.

 

Comme nous ne sommes pas coupables de ses «gros» péchés, de ces déviances, nous pouvons tout naturellement nous sentir différents – ce qui est sain et normal - mais aussi au-dessus des autres, sans chercher à comprendre, sans compassion car nous sommes justes !

 

Quand on commence à penser de cette manière, nous sommes en danger de devenir comme le religieux de notre histoire et nous croire supérieur aux autres.

 

Bien sûr il est normal d’avoir notre opinion, notre point de vue, d’appeler ce qui est mal le Mal mais condamner le pêché ne doit pas nous faire oublier que nous sommes nous aussi pêcheur !

 

Le religieux jeûnait 2 fois par semaine (discipline spirituelle), il n'était pas voleur ou adultère, et il donnait le dixième de son revenu (dîme), (obéissance). Son «image» était excellente, mais il avait une grande faiblesse: il s'auto-justifiait le rendant supérieur aux autres. Il avait aussi beaucoup d'orgueil spirituel et se comparait aux plus faibles que lui.

 

Lisons l'attitude de l'employé des impôts aux v. 13. L'employé des impôts reste derrière, il ne veut même pas lever les yeux vers le ciel. Mais il se frappe la poitrine pour demander pardon et il dit: "Mon Dieu, aie pitié de moi! Je suis un homme pécheur." »

 

Il n'a pas seulement demandé pardon pour certains péchés, mais il a imploré la grâce de Dieu comme un pécheur. Il ne s'est pas comparé aux autres comme le religieux, il était plutôt concerné de son état devant un Dieu juste et saint. Il s'est présenté seul devant Dieu avec ses péchés et a imploré la grâce de Dieu.

 

Regardons comment Jésus a exaucé les deux prières de notre histoire au v. 14 Jésus ajoute: «Oui, je vous le dis, l'employé des impôts rentre chez lui, et Dieu le considère comme un juste. Ce n'est pas le cas du Pharisien. »

 

Si nous jouons le jeu des comparaisons avec la société autour de nous et des chrétiens qui ne sont pas consacrés comme nous, nous pouvons dévier et devenir un religieux.

 

Le péché du religieux, peut devenir le péché du croyant le plus consacré. Personne n'est à l'abri de l'autojustification

 

Les performances

 

Ce qui importe pour le Seigneur ce ne sont pas nos performances ou nos bonnes œuvres, mais notre état d'âme. Un bel exemple qui appuie cela se retrouve dans Luc 10:17-20 :

 

« Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom… verset 19 : Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous nuire. 20Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »

 

Qu'est-ce qui est important ici? L'état de notre cœur et non nos performances. C'est bien de dominer les esprits mauvais, mais le plus important c'est d'être certains d'être sauvé et cela, il n'y a que Jésus qui peut le faire pour nous.

 

Un autre texte dans Matthieu 23:23

 

« Malheur à vous, maîtres de la loi et Pharisiens, hypocrites! Vous donnez à Dieu le dixième de plantes comme la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous négligez les enseignements les plus importants de la loi, tels que la justice, la bonté et la fidélité: c'est pourtant là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger le reste. »

 

Jeûner, prier et donner la dîme ne doivent pas être négligé dans la vie d'un croyant, mais ce qui est encore plus important c’est d'être juste, bon et fidèle. Et encore une fois, il n’y a que Jésus qui peut faire de nous des gens justes, bons et fidèles.

 

La religiosité nous éloigne de la simplicité de la foi et de la grâce.

 

Les jugements

 

Revenons à Mathieu 7:1-5

 

« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère. »

 

Nous devons apprendre à arrêter de juger les autres et les apporter au Seigneur comme il nous est enseigné de le faire dans Romains 14:4

 

« Qui es-tu, toi, pour juger le serviteur d'un autre? S'il reste debout ou s'il tombe, c'est l'affaire de son maître. Et il restera debout, parce que le Seigneur est capable de le soutenir. »

 

C'est une des plus grandes faiblesses de la religiosité. Qui juge dans l'Église? Ce sont souvent les plus engagés qui le font, incluant des pasteurs et des anciens. Personne n'est immunisé contre le jugement et la critique de son prochain. C'est tellement facile, et combien destructeur.

 

Le religieux va prier, jeûner et donner sa dîme (et c'est bien), mais pour polir sa fameuse «image» de bon chrétien, il va juger, critiquer et mépriser les autres. C'est à cela que s'attaquait Jésus. Prie, jeûne et donne ta dîme, mais aime ton prochain comme toi-même aussi et ne le juge pas, ne le critique pas et ne le méprise pas.

 

Comme le psalmiste – psaume 141 versets 3 et 4 ne devrions-nous pas dire :

 

« Seigneur, surveille ma bouche, garde la porte de mes lèvres. Ne laisse pas mon cœur dire des paroles méchantes. »

 

Quelle est la réponse à la religiosité ?

 

Jean 8 versets 31 à 36 :

 

« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. 
Ils lui répondirent : nous sommes la postérité d'Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres ?
En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l'esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »

 

Marc 12 verset 29

 

« Un scribe, s’avança vers Jésus et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ?
Jésus lui fit cette réponse : Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

 

Jacques 1 verset 22

 

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. »

 

Connaître la Parole pour y rester attaché et découvrir la vraie liberté des enfants de Dieu.

 

Faire les choses par amour en cherchant à faire sa volonté.

 

Mettre la Parole en pratique sans en déformer le sens par une interprétation « religieuse ».

 

Conclusion

 

En guise de conclusion, nous avons tous compris les dangers du légalisme et de la religiosité qui, d’une manière quasi absolue induisent critiques, jugement et moqueries de la part de « religieux » qui prouvent :

 

- leur incapacité d'accepter qu'il y ait d'autres points de vues que les leurs sur un sujet,

 

- leur conviction que leur compréhension d'un sujet exprime automatiquement la Vérité sur ce sujet,

 

- leur incapacité à remonter en amont afin de rechercher les causes de certains effets,

 

- leurs difficultés pour étudier les textes qui leur sont proposés,

 

- leur impossibilité d'accepter de changer leurs points de vue après réflexion

 

- je citerai, une fois n’est pas coutume, un « sage » qui a eu ces paroles inspirées :

 

Le Bouddha :

 

« Ne vous laissez pas impressionner par le poids des traditions, même honorées en de nombreux lieux et par plusieurs générations.»

 

« Ne croyez pas quelque chose parce que beaucoup de gens en parlent.»

 

« Ne vous en remettez pas à l'autorité des sages d'autrefois.»

 

« N'accordez pas foi à votre imagination en croyant qu'un Dieu vous a inspiré.»

 

« Ne croyez rien qui dépende uniquement de votre maître ou des prêtres.»

 

Et pour faire bonne mesure la lettre de Paul aux Hébreux 11 versets 1 et 2 :

 

« La foi est le fondement de l'espérance, c'est une certitude au sujet de ce qu'on ne voit pas. C'est elle qui fait la gloire de nos aïeux. C'est la foi qui nous fait reconnaître que le monde a été formé par la parole de Dieu, le visible tirant ainsi son origine de l'invisible.»