ou le miroir de nous-mêmes.

Exode 32 versets 1 à 6.

« Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'assembla autour d'Aaron, et lui dit : Allons ! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu.

Aaron leur dit : Otez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi.

Et tous ôtèrent les anneaux d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron.

Il les reçut de leurs mains, jeta l'or dans un moule, et fit un veau en fonte.

Et ils dirent : Israël voici ton dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte.

Lorsqu'Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s'écria : Demain, il y aura fête en l'honneur de l'Éternel !

Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir ».

I) Quelles leçons en tirer.

Verset 1 : « Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'assembla autour d'Aaron, et lui dit : Allons ! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est devenu»

Nostalgie du passé.

Aaron construisit ainsi un veau d’or qu’ils adorèrent à l’imitation du taureau Apis qui était adoré en Egypte.

Apis est le nom grec d'un taureau sacré de la mythologie égyptienne vénéré dès l'époque préhistorique. Les premières traces de son culte sont représentées sur des gravures rupestres, il est ensuite mentionné dans les textes des pyramides de l'Ancien Empire et son culte perdura jusqu'à l'époque romaine. Apis est symbole de fertilité, de puissance sexuelle et de force physique.

L’Egypte, synonyme d’esclavage et donc de perte de liberté devient le critère de référence : les Hébreux en oublient les souffrances, les privations pour ne se rappeler que de la magnificence du culte d’Apis. En fait c’est au travers d’une mémoire sélective qu’ils se bâtissent un monde nouveau en créant un dieu semblable à celui de leurs anciens maîtres.

La nostalgie du passé nous le montre sous un jour flatteur mais oh combien différent de la réalité du moment ! Combien de fois n’entendons nous pas cette tirade « de mon temps ! »

Et nous avons-nous coupé tous les liens qui nous tiennent encore captifs de notre passé ?

Impatience.

Seule la foi peut tenir ferme comme voyant Celui qui est invisible.

Hébreux 11-27 : « C'est par la foi qu'il quitta l'Egypte, sans être effrayé de la colère du roi; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible ».

Le Seigneur ne nous met-il pas en garde dans Luc 11 verset 27

« Mais, si ce serviteur dit en lui-même : Mon maître tarde à venir; s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les infidèles ».

L’impatience a plusieurs conséquences :

Elle peut modifier le cours normal de réalisation d’un évènement à venir.

Par exemple, mon insistance à obtenir une réponse favorable pour une demande

d’augmentation, de changement de poste etc. peut paraître suspecte auprès de l’employeur et avoir un effet inverse.

Elle peut annihiler mes facultés de jugement.

Par exemple, mon impatience à obtenir tel ou tel objet m’en fait oublier sa valeur réelle au point de payer n’importe quel prix pour l’avoir.

Elle donne une image négative de ma personnalité.

Par exemple une personne impatiente sera considérée superficielle et pas de bon conseil.

Spirituellement, elle peut me faire manquer le but car la précipitation ne fait pas bon ménage avec la foi sereine du croyant.

Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Eternel.

Que conclure de ce verset ?

Les Israélites avaient déjà oublié les bienfaits de l’Eternel mais voulant être un peuple « comme tout le monde, un peuple du monde » se créent un nouveau Dieu.

Religiosité

Avaient-ils oublié Dieu ? Non, mais voulaient-ils de ce Dieu ?

Leur foi était à l’image de leur impatience.

Ils avaient eu la révélation du Dieu puissant car ils l’avaient vu à l’œuvre ou, plus exactement ils avaient vu ses œuvres.

En l’absence de Moïse, oubliant qu’ils n’avaient vu aucune forme mais n’avaient entendus qu’une voix, les Israélites demandèrent à Aaron de leur faire un dieu, ouvrage de leurs mains, c'est-à-dire correspondant aux désirs et convoitises de leurs cœurs naturels.

Deutéronome 4 verset 12 : « Et l'Éternel vous parla du milieu du feu ; vous entendîtes le son des paroles, mais vous ne vîtes point de figure, vous n'entendîtes qu'une voix ».

Il est vrai que le Dieu D’Abraham, Isaac et Jacob est un Dieu exigeant, un Dieu jaloux mais miséricordieux, lent à la colère, prompt au pardon, à l’amour insondable !

Israël avait oublié les attributs divins pour ne se rappeler que des exigences de l’Eternel.

Et nous, quel Dieu avons-nous façonné de nos mains ?

Un Dieu d’interdit ? un Dieu tout amour ? un Dieu sourd et aveugle à nos supplications ? un Dieu « copain » oubliant sa sainteté ? un Dieu rigide, strict et lointain ? un Dieu qui pardonne tout parce que « nous irons tous au paradis » ?

Il fallait à Israël un dieu car ils se souvenaient du Dieu puissant et fort.

Israël était devenu tout simplement religieux et idolâtre.

Il ne reste devant les Israélites que l’image d’un veau qui les aurait soi-disant fait sortir d’Egypte ! L’Eternel est leur gloire et ils la changent en « la figure d’un bœuf qui mange de l’herbe ». Psaume 106 verset 20.

Idolâtrie

Bien sûr nous aimons le Seigneur, mais l’adorons-nous ?

Qu’est-ce qu’adorer ? c’est aimer passionnément quelqu’un. J’aime le seigneur, c’est certain Mais est-ce que je l’aime passionnément au point de lui laisser toujours la première place ?

Ma passion du sport – quel qu’il soit – du cinéma, du tabac, de l’alcool etc. s’efface-t-elle devant la passion –dans les deux sens du terme : la croix et l’amour- de Dieu ?

Curieusement, pour les Juifs, les termes hébreux pour l'idolâtrie sont, parmi d'autres, avodah zarah (adoration étrangère) et avodat kochavim umazalot (adoration de planètes et de constellations).

Adoration étrangère = tout ce qui m’éloigne de Dieu

Adoration des planètes = astrologie, horoscopes etc.

Israël est devenu idolâtre au point d’oublier la réalité du Dieu fort et victorieux qui les a délivré de l’esclavage.

En Romain 1 versets 21 à 25, Paul ne nous déclare-t-il pas :

«  En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.

Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.

C'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté, selon les convoitises de leurs cœurs ; en sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps ; eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement ».

Ingratitude et mépris.

« Car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est devenu»

Dans ces propos se trouvent à la fois le mépris – ce Moïse, cet homme – et l’ingratitude - nous ne savons ce qu'il est devenu».

N’avaient-ils pas eu le temps de le connaître, de l’apprécier, de voir qu’il était « l’ami de Dieu ». Qu’avaient-ils à lui reprocher ? Qu’il avait mis sa vie en jeu pour libérer son peuple, qu’il était resté debout malgré le poids des ans et des épreuves ? qu’il avait été toujours à l’écoute de son peuple, toujours sur la brèche, prêt à intercéder au point d’offrir sa vie pour la rédemption de son peuple annonçant bien des siècles avant le sacrifice de Christ ?

Ignoraient-ils où il était ? N’avaient-ils pas été témoins de la présence de Dieu sur le mont Sinaï où Moïse avait été convié par Dieu lui-même ?

Lisons Exode 19 versets 10 à 18 :

« Et l'Éternel dit à Moïse : Va vers le peuple ; sanctifie-les aujourd'hui et demain, qu'ils lavent leurs vêtements.

Qu'ils soient prêts pour le troisième jour ; car le troisième jour l'Éternel descendra, aux yeux de tout le peuple, sur la montagne de Sinaï.

Tu fixeras au peuple des limites tout à l'entour, et tu diras : Gardez-vous de monter sur la montagne, ou d'en toucher le bord. Quiconque touchera la montagne sera puni de mort.

On ne mettra pas la main sur lui, mais on le lapidera, ou on le percera de flèches : animal ou homme, il ne vivra point. Quand la trompette sonnera, ils s'avanceront près de la montagne.

Moïse descendit de la montagne vers le peuple ; il sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements.

Et il dit au peuple : Soyez prêts dans trois jours ; ne vous approchez d'aucune femme.

Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne ; le son de la trompette retentit fortement ; et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante.

Moïse fit sortir le peuple du camp, à la rencontre de Dieu ; et ils se placèrent au bas de la montagne.

La montagne de Sinaï était tout en fumée, parce que l'Éternel y était descendu au milieu du feu ; cette fumée s'élevait comme la fumée d'une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence ».

Et nous, quel est notre regard envers ceux ou celles qui ont donné de leur temps, de leur présence pour que nous parvenions à la connaissance de Dieu ?

Leur avons-nous témoigné de la reconnaissance ou les avons-nous payés en retour de nos murmures, critiques sans se soucier de leurs difficultés, de leurs souffrances au quotidien ?

Sommes-nous comme ces Israélites qui ne savaient pas ce qu’il était devenu ?

Nos ainés ont aussi besoin de notre compassion et de notre reconnaissance.

II) Quelle leçon en tirer : nous sommes tous des Aaron en puissance.

Versets 2 à 6 :

«  Aaron leur dit: Otez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. Tous ôtèrent les anneaux d'or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. Il les reçut de leurs mains, jeta l'or dans un moule, et fit un veau en fonte. Et ils dirent: Israël! voici ton dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte.

Lorsqu'Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s'écria: Demain, il y aura fête en l'honneur de l'Éternel!

Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Le peuple s'assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir ».

La Compromission.

Acte par lequel on transige avec ses opinions, ses principes, arrangement conclu par lâcheté ou intérêt.

La compromission est de deux types : passive et/ou active.

* Compromission passive.

Aaron, par peur, lâcheté, pour être « comme tout le monde » n’essaye même pas de discuter, comme s’il avait abdiqué depuis longtemps, comme s’il subissait les évènements.

Et moi, et toi mon frère, ma sœur ? Qui peut se vanter de n’avoir jamais été un Aaron du veau d’or ? Cf. Sri Lanka → bracelet blanc.

* Compromission active.

A la demande des Israélites de leur fabriquer le veau d’or, Aaron semble s’enthousiasmer, ne prenant même pas le temps de la réflexion : amenez-moi tout de suite les boucles d’or qui ornent les oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles !

Et c’est lui-même qui procède à la fonte de l’or et à l’édification du veau d’or ! Lui, le grand prêtre devant l’Eternel !

La duplicité.

Disposition mauvaise qui porte à manifester des sentiments, des intentions autres que celles qu’on a réellement, en vue de tromper les autres, tout comme si l’on était un double personnage.

Synonymes : Disposition à tromper, hypocrisie, fausseté, dissimulation.

« Lorsqu'Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s'écria : Demain, il y aura fête en l'honneur de l'Éternel !

Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir ».

Comme si l’on pouvait tromper l’eternel ! Ce sont, selon le langage courant, « des arrangements avec le ciel ».

Mais Dieu n’accepte pas et n’acceptera jamais de tels arrangements.

« Que ton oui soit oui, que ton non soit non » et, plus loin, apocalypse 3 verset 15 et 16

« Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche ».

La suite on la connaît, trois milles Israélites vont périr par l’épée.

Conclusion.

Comme l’indique le titre du message – Le veau d’or où le miroir de nous-mêmes - au travers de cet épisode, nous nous y retrouvons à un moment ou à un autre, que se soit au niveau de :

* l’impatience, de la religiosité, de l’idolâtrie, de l’ingratitude et du mépris, de la compromission et de la duplicité.

Comme les Israélites, sommes-nous voués à la mort ?

Dieu merci, il y a Jésus qui a porté nos fautes, nos renoncements, nos échecs à la croix et qui nous assure que si « nous lui confessons nos fautes Il est puissant et juste pour nous les pardonner et nous relever de toute iniquité » Amen !!!

Alors courage, confions-nous dans le Seigneur qui nous assure « qu’il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » nous incitant à aller de l’avant « prenez courage car j’ai vaincu le monde » !!!.

 

Amen.

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