La traversée de l’atlantique à la voile qu’effectuent Vivien et ses co-équipiers m’a amené à vous proposer pareillement une traversée, non pas de l’Atlantique, mais de la vie !!

 

Nous allons voir quelles sont les conditions à remplir pour effectuer cette navigation en évitant les écueils qui ne manqueront pas de jalonner notre route.

 

1°) Le cap

 

C’est le B-a-ba, le minimum du minimum !. Et pourtant, combien appareillent en se laissant porter par la vie, sans but précis, sans objectif défini.

 

On verra bien ! de toute façon qu’est-ce qu’on peut y changer !

 

Ceux-là partent résignés, et seront donc ballotés de droite et de gauche, se raccrochant à ce qui flotte : planche pourrie et l’on coule, bouée de sauvetage et l’on survit en espérant des jours meilleurs.

 

N’ayant pas de cap bien défini, toutes les destinations – bonnes ou mauvaises – leur paraissent salutaires et c’est très souvent, trop souvent la désillusion : plage surpeuplée, côte inhospitalière, île déserte etc.

 

La navigation, pour eux, aura été tout sauf une croisière tranquille et apaisante.

 

Et surtout, dans quel port vont-ils atterrir ?

 

Un port en eau profonde, gage de sécurité ou port qui assèche sur un fonds rocheux mettant en péril le bateau et l’équipage ?

 

Et ce port aura-t-il été bien balisé permettant ainsi une approche sure ou, sans balisage, battu par des vents et courants violents, parsemé d’écueils, sera la ruine et la fin funeste d’une navigation incertaine et hasardeuse ?

 

La vie pour ceux-là n’aura été en fait qu’une immense loterie où le fatalisme et la résignation accompagnent tantôt la lassitude, tantôt l’exubérance mais, au final, met en exergue l’absurdité d’une vie subie à défaut d’avoir été voulue.

 

Et pour le chrétien ?

 

Son cap, sa direction, c’est la vie éternelle en Christ dans l’au-delà et son royaume manifesté ici bas !

 

Dès lors sa navigation va prendre un cap nouveau, stable et bien défini : vivre selon les préceptes de Christ, les yeux rivés sur Lui et Lui seul en comptant sur sa présence et son aide permanente selon sa promesse : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Mathieu 28-20

 

Que nous dit la Parole ?

 

« Un peuple périt quand il n’est pas dirigé ; un grand nombre de conseillers assure la victoire ». Proverbes 11-14

 

« J’ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai garde la foi ».

 

2 Timothée 4-7

 

Nous aurions tout à fait pu lire sans en altérer le sens « J’ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé le cap ».

 

Et encore : «Je te rendrai avisé, je t'enseignerai le chemin – le cap - dans lequel tu dois marcher, et je te guiderai de mon œil ». Psaume 32-8 Bible MARTIN

 

2°) Les instruments de bord

 

Combien de capitaines, combien de marins se sont fracassés sur des rochers parce qu’ils ne savaient pas lire une carte !

 

Et d’ailleurs, en avaient-ils ? Si oui était-elle à jour ?

 

Christophe COLOMB lui-même se pensait aux Indes alors qu’il était aux Amériques !

 

Il ne suffit donc pas de définir un cap, il faut aussi se donner les moyens de l’atteindre !

 

L’insensé part donc sans carte et sans boussole, se laissant guider par ses intuitions, son instinct !

 

L’intuition est non seulement subjective, elle est aussi relative. Et pas toujours bonne conseillère.

 

Faisant de la voile, il y a ce que l’on appelle la navigation « à l’estime ». On estime sa position par rapport à un point donné en estimant la vitesse du courant, sa direction, la force du vent et son orientation ainsi que la vitesse du bateau et la distance par rapport à l’amer aperçu ou relevé.

 

Cela fait beaucoup d’estimation pour une position sur carte et sur l’eau.

 

Et quid lorsqu’il ya du brouillard ou du gros temps ?

 

Tant que l’on navigue à vue, en connaissant notre position, on ne risque pas grand-chose.

 

Quoique, sans carte, sur une mer inconnue, l’on n’est pas à l’abri d’un haut fond, et c’est l’avarie, la voie d’eau et potentiellement la perte du bateau, voir de la vie

 

Et pour le chrétien ?

 

Son livre de bord, sa carte, son GPS c’est la Bible, la Parole de Dieu.

 

Que nous dit la Parole ?

 

«Ma Parole est la vérité, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » Jean 8-32

 

« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier ».

 

Psaume 119 -105.

 

Sans la Parole, véritable boussole, compas, carte marine, nous courons le risque soit de nous perdre soit de nous échouer soit de nous fracasser sur les écueils de la vie et … de la perdre !.

 

3°) La connaissance des courants

 

Tous les marins le savent : il y a des courants contraires qui non seulement vous freinent mais peuvent vous bloquer voir vous faire rebrousser chemin.

 

Essayez de passer le phare d’Ar Men à contre courant par fort coefficient !

 

Ou la passe de Port Navalo plus proche de nous !

 

Combien de marins néophytes se sont trouvés scotchés, la nuit venant, à l’entrée de Port Navalo obligés d’attendre la renverse ? J’en ai fait partie !!

 

Dans la vie, il en est de même :

 

* Beaucoup rament à contre courant épuisant leur force et leur énergie pour des

 

résultats nuls parce qu’ils ont voulu porter tout seul leur problème, ne sachant

 

abandonner, lâcher prise et faire confiance !

 

* Il y a aussi tous ceux qui, à l’inverse, se sont laissés porter par un courant qui

 

les a entraîné bien loin des côtes et surtout bien loin de leur port d’attache

 

et/ou de leur port de destination.

 

Dans les deux cas, bien des vies ont sombré par des attitudes rigides, légalistes et des raisonnements obtus et sectaires ou, à l’inverse, par des attitudes laxistes, permissives à l’extrême, dont les laisses aller n’ont eu pour conséquence que la dilution du pouvoir d’analyse et de décision.

 

Et pour le chrétien ?

 

La connaissance de la Parole nous portera toujours vers des lieux paisibles et surs.

 

« Connaissons, cherchons à connaître l'Eternel; Sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, Comme la pluie du printemps qui arrose la terre » Osée 6-3

 

« Tous les jours ils me cherchent, Ils veulent connaître mes voies; Comme une nation qui aurait pratiqué la justice et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu, ils me demandent des arrêts de justice, ils désirent l'approche de Dieu »

 

Esaïe 58-2

 

« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » 2 Corinthiens 8-9

 

3°) La connaissance des vents

 

Vivien et ses co-équipiers ont infléchi leur course vers les Antilles pour bénéficier des vents portant – les alizés – qui soufflent d’Est en Ouest et leur assurent régularité et vitesse.

 

Cette connaissance des vents et de leurs caractéristiques est un atout majeur dans une traversée au long cours.

 

Ignorer la latitude et la direction des vents dominants est aussi absurde que pour un automobiliste pris dans un bouchon d’ignorer les voies de dégagement.

 

Mais il y a vent et vent. Il y a aussi des « vents mauvais », il faut le savoir !

 

Certains se sont obstinés à naviguer vent de bout – un près serré – embarquant des paquets de mer, engendrant une gîte telle que rien à bord ne reste à sa place augmentant ainsi l’inconfort de la route et les risques réels de casse avec toutes les conséquences qui en découlent.

 

Alors qu’un changement de cap aurait permis – je parle bien évidemment pour de longues traversées – une navigation plus confortable et surtout plus sécurisée.

 

Il y a aussi le danger de la facilité. Le vent est au portant, il est doux et agréable, la navigation est calme et paisible, alors pourquoi changer de cap !

 

Pourquoi, mais parce que le risque est grand de tourner le dos au cap à suivre et au final ne jamais atteindre le but fixé.

 

Cette méconnaissance des vents à permis d’essuyer bien des tempêtes, des coups de tabac mais aussi des périodes de calme plat où rien ne se passe dans la vie des gens si ce n’est l’ennui qui le dispute à la mélancolie.

 

Et pour le chrétien ?

 

Le vent porté par le Saint Esprit doit être son carburant toujours disponible par n’importe quel temps.

 

« Il me dit: Prophétise, et parle à l'esprit! prophétise, fils de l'homme, et dis à l'esprit: Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent! » Ezéchiel 37-9

 

« En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire » Ephésiens 1-13

 

3°) L’amarrage

 

Après avoir affronté l’océan et en être sorti vainqueur, le port étant en vue, tout l’équipage s’affaire pour gagner la terre.

 

La précipitation là aussi ne doit pas l’emporter sur la vigilance et le professionnalisme.

 

Un mauvais amarrage et tous les efforts accomplis lors de la traversée se trouvent annihilés :

 

Bateau à la dérive pouvant occasionner de gros dégâts et, dans certains cas, entraîner la perte du navire et de sa cargaison.

 

Je me souviens d’une soirée sur l’île d’Arz où, simple spectateur auprès de marins « d’eau douce » le bateau a été arrimé au quai à marée haute sans tenir compte de la marée.

 

Cela fait tout drôle de voir son bateau en pendant quelques ricards plus tard !!

 

Et d’être obligé de poireauter 4 heures à attendre le courant de flot !.

 

Et pour le chrétien ?

 

Lui aussi n’est pas exempt de tempêtes, coups de vent mais aussi de calme plat.

 

Par le Saint Esprit il en sortira toujours vainqueur car « tout à été accompli à la croix ».

 

Lui aussi devra veiller sur ses amarres et rester fermes sur les cordages de la Parole, de la présence du Seigneur afin de débarquer après le long périple de la vie dans la patrie céleste dans la pleine assurance du devoir accompli et s’entendre dire « entre bon et fidèle serviteur dans la joie de ton Maître ».

 

« Regarde Sion, la cité de nos fêtes! Tes yeux verront Jérusalem, séjour tranquille, tente qui ne sera plus transportée, dont les pieux ne seront jamais enlevés, et dont les cordages ne seront point détachés » Esaïe 33-20

 

« Elargis l'espace de ta tente; Qu'on déploie les couvertures de ta demeure: Ne retiens pas! Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux » Esaïe 54-2

 

Alors maintenant n’ayons plus peur d’affronter l’océan, prenons avec nous toutes les armes, toutes les promesses, toute la sagesse, toute la puissance et toute la connaissance de Dieu a fin que notre traversée s’effectue sans crainte de l’écueil ou de la roche.

 

Comme a dit Paul :

 

« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » 2 Timothée 4-7

 

Bon vent à tous !